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Actualités - Biographies

Chuck le tombeur

La victoire de Chuck Schumer est l’aboutissement d’un parcours politique de 24 ans, patiemment construit. Depuis sa première élection à l’assemblée de l’État de New York à l’âge de 23 ans, ce bourreau de travail a remporté toutes les élections auxquelles il s’est présenté, évoluant progressivement de l’aile gauche du Parti démocrate à des positions plus centristes qui lui ont permis d’élargir sa base électorale. «Sa première tentative pour être élu, à la présidence de notre collège, a échoué», racontait dans un livre en 1986 sa sœur Fran Schumer, journaliste. «Il a fait tout ce qu’il fallait pour que cela ne se reproduise plus». «Je n’aime pas les gens qui se croient détenteurs d’un message venu d’en haut», a-t-il récemment expliqué au New York Times. «Je n’aime pas les idéologues, de droite comme de gauche». Ce juriste de formation faisait partie de l’aile la plus radicale du Parti démocrate lorsqu’il était étudiant à Harvard au début des années 1970, militant contre la guerre au Vietnam, pour l’égalité raciale et contre la peine de mort. Sur ce dernier point au moins, il a opéré un virage à 180 degrés. Mais durant toute sa carrière politique il a fidèlement défendu d’autres dossiers qui, selon les sondages, ont fait la différence avec M. D’Amato, comme le libre choix en matière d’avortement ou le contrôle des armes. Il est ainsi l’auteur de la loi dite Brady, du nom du porte-parole de Ronald Reagan blessé lors d’une tentative d’attentat contre l’ancien président en mars 1981. L’Association nationale des armes (NRA), l’un des plus puissants groupes de pression du pays, ne s’y est d’ailleurs pas trompée, qui a débloqué vendredi, à la dernière minute, 160 000 dollars pour adresser un mailing appelant à lui barrer la route. Sa réputation de sérieux remonte à ses années d’étudiant. Ses amis ne se souviennent pas l’avoir jamais vu en jean ou fumer de la marijuana, et il a consacré sa thèse au moyen d’améliorer l’efficacité du Congrès. La Chambre des représentants, où il a travaillé d’arrache-pied, fut «une révélation», racontait-il. «Il n’y avait pas d’experts, alors que le savoir était le pouvoir». Après son élection, il fut accusé d’avoir utilisé des employés de l’État de New York durant sa campagne, mais aucune accusation formelle n’a jamais été portée contre lui. Né dans un milieu juif modeste du quartier new-yorkais de Brooklyn, il a consacré beaucoup d’énergie à défendre les intérêts des catégories les moins favorisées, en matière de logement notamment. Mais il a voté avec les républicains certaines lois contre l’immigration, pour un renforcement des effectifs policiers ou un accroissement du nombre de places de prison. Marié et père de deux filles de 14 et 9 ans, il est toujours enraciné à Brooklyn, dont il a l’accent populaire, et habite toujours le petit appartement où le couple Schumer s’est installé en 1983.
La victoire de Chuck Schumer est l’aboutissement d’un parcours politique de 24 ans, patiemment construit. Depuis sa première élection à l’assemblée de l’État de New York à l’âge de 23 ans, ce bourreau de travail a remporté toutes les élections auxquelles il s’est présenté, évoluant progressivement de l’aile gauche du Parti démocrate à des positions plus centristes qui lui ont permis d’élargir sa base électorale. «Sa première tentative pour être élu, à la présidence de notre collège, a échoué», racontait dans un livre en 1986 sa sœur Fran Schumer, journaliste. «Il a fait tout ce qu’il fallait pour que cela ne se reproduise plus». «Je n’aime pas les gens qui se croient détenteurs d’un message venu d’en haut», a-t-il récemment expliqué au New York Times. «Je n’aime pas les...