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Actualités - Chronologie

Le Grand Old Party garde son contrôle sur la politique étrangère

La mainmise du Parti des républicains, le «Grand Old Party», sur le Congrès va obliger Bill Clinton à continuer de composer avec des adversaires enclins à l’isolationnisme, au moment où une série de crises réclameraient un rôle encore plus actif de l’Amérique dans le monde. L’expérience montre cependant que sur les grands choix de politique étrangère, comme l’envoi de 7 000 soldats américains en Bosnie ou le rapprochement avec la Chine, le Congrès peut davantage freiner que bloquer. C’est au Sénat, qui ratifie traités et nominations d’ambassadeurs, que le contrôle du Législatif s’exerce le plus directement. Sa commission des Affaires étrangères est présidée par l’ultraconservateur républicain de Caroline du Nord, Jesse Helms. Le Sénat a refusé jusqu’ici de ratifier le Traité d’interdiction totale des essais nucléaires (CTBT), ce qui prive Washington de son principal argument pour convaincre l’Inde et le Pakistan de ne plus tester leurs bombes atomiques. Le Congrès peut aussi frapper au portefeuille. La Maison-Blanche a sauvé de justesse le financement du consortium KEDO (Korean Peninsula Energy Development Organisation), chargé de livrer des centrales nucléaires civiles à la Corée du Nord, en échange d’un renoncement de Pyongyang à l’arme nucléaire. «Il nous faut les ressources nécessaires pour faire le travail (...). malheureusement notre diplomatie vivote au jour le jour», déplore le secrétaire d’État Madeleine Albright, dans le dernier numéro de la revue Foreign Affairs. Il aura fallu deux attentats meurtriers contre les ambassades américaines à Nairobi et Dar es-Salaam pour que le Congrès débloque 1,4 milliard de dollars afin d’améliorer la sécurité des 260 missions diplomatiques américaines en 1999. La poursuite de cet effort n’est pas assurée. Washington a aussi du mal à convaincre le Congrès de renflouer les caisses du Fonds monétaire international (FMI), en première ligne pour sauver les économies d’Asie, et de payer les arriérés de cotisation des États-Unis à l’Onu. «Le Congrès ne s’est pas intéressé particulièrement à la politique étrangère mais cela peut changer : tout dépendra de l’importance que le président accordera» à ce domaine d’ici la fin de son mandat, estime Stanley Sloan, expert au Congressional Research Service. Comme le note Jim Hoagland, éditorialiste du Washington Post, si Bill Clinton veut améliorer pour la postérité une image ternie par le scandale Monica Lewinsky, il aura l’embarras du choix, et le nouveau Congrès du pain sur la planche. Il cite en vrac «la Russie traumatisée de l’après-Eltsine», les risques de récession économique aux États-Unis, le «défi armé» lancé par le président irakien Saddam Hussein et «les obligations économiques et militaires que Clinton vient de souscrire dans les Balkans et au Proche-Orient». Ces dernières semaines, le président a montré un regain d’intérêt pour la politique étrangère, jouant un rôle très actif dans les négociations, qui ont abouti à l’accord israélo-palestinien de Wye Plantation. Ce succès diplomatique est tombé à pic pour rehausser son prestige d’homme d’État à quelques jours du scrutin. Mais les difficultés d’application de l’accord et l’engagement croissant qu’il suppose de la part de l’Amérique au Proche-Orient pourraient lui compliquer la tâche. Il devra obtenir du Congrès l’aide supplémentaire qu’il a promise à la fois à Israël, pour prix du retrait de son armée de Cisjordanie, et aux Palestiniens, et il devra compter avec les nombreux alliés républicains de Benjamin Netanyahu. Le Premier ministre israélien s’est appuyé sur eux à chaque fois que Clinton faisait mine de vouloir le contraindre à des concessions. Le président va aussi redoubler d’efforts pour arracher au Congrès l’autorité nécessaire (dite «fast-track») pour négocier librement de nouveaux accords commerciaux. Paradoxalement, ce sont ses alliés démocrates à la Chambre des représentants qui l’avaient lâché sur ce dossier en septembre. Ils craignaient les effets sur l’emploi aux États-Unis et sur l’environnement d’accords de libre-échange, tels que l’Alena, conclu en 1994 par les États-Unis, le Canada et le Mexique.
La mainmise du Parti des républicains, le «Grand Old Party», sur le Congrès va obliger Bill Clinton à continuer de composer avec des adversaires enclins à l’isolationnisme, au moment où une série de crises réclameraient un rôle encore plus actif de l’Amérique dans le monde. L’expérience montre cependant que sur les grands choix de politique étrangère, comme l’envoi de 7 000 soldats américains en Bosnie ou le rapprochement avec la Chine, le Congrès peut davantage freiner que bloquer. C’est au Sénat, qui ratifie traités et nominations d’ambassadeurs, que le contrôle du Législatif s’exerce le plus directement. Sa commission des Affaires étrangères est présidée par l’ultraconservateur républicain de Caroline du Nord, Jesse Helms. Le Sénat a refusé jusqu’ici de ratifier le Traité...