Certains reprochent à Schéhadé de n’avoir jamais parlé du Liban dans ses œuvres. À ceux-là, Katia Haddad, vice-doyen de la Faculté des Lettres de l’USJ, répond : «Dans sa poésie, comme dans son théâtre, le Liban est constamment présent. Sans être jamais nommé. En procédant ainsi, Georges Schéhadé a élargi le Liban aux dimensions universelles…». Par ailleurs, on a coutume de dire que le théâtre de Schéhadé est un théâtre poétique. «Mais il ne faut pas le réduire à cette seule expression» dit, Mme Haddad. «La poésie, élément dramaturgique, est le moteur de son action. Par exemple dans “Histoire de Vasco”, il nous fait rêver grâce à son utilisation extraordinaire de l’espace scénique qu’il divise en deux parties dont l’une (espace de la charrette sans cheval) est consacrée au rêve. Et ce rêve, c’est-à-dire la poésie, va déclencher une série d’événements… Sous l’apparente fantaisie, on va se rendre compte que Schéhadé est un dramaturge hors pair. Son théâtre a une structure extrêmement rigoureuse et cohérente. Il détourne au profit de son œuvre l’écriture dramatique classique qu’il possède parfaitement. Il renouvelle l’élément dramaturgique qu’est la “fatalité” qui tombe du ciel en le remplaçant, comme par exemple dans “l’Émigré de Brisbane”, par le “décalage spatial”. Un décalage qui est le propre de la poésie!». Dans «L’histoire de Vasco», il reprend le principe du quiproquo sur lequel repose le théâtre de Molière. «Mais si chez Molière le quiproquo est amusant, chez Schéhadé le principe rend compte des difficultés existentielles. Vasco est embrigadé et enroulé malgré lui dans la guerre…». Dans «La soirée des proverbes», «c’est le livre qui est l’élément dramaturgique. Il y a un savoir que l’agent Georges tente de retrouver. Cette quête initiatique, c’est une reprise de la tragédie classique, par le biais du temps. Mais la règle d’unité de temps est inversée. Les événements racontés ne se déroulent pas du lever au coucher du soleil comme chez les classiques. Les événements se déroulent du coucher au lever… Avec Schéhadé, il y a eu un renouveau de la tragédie. C’est un très grand écrivain», conclut Mme Haddad. * Signalons qu’«Histoire de Vasco» est inscrit au programme de l’USJ depuis quatre ans.
Certains reprochent à Schéhadé de n’avoir jamais parlé du Liban dans ses œuvres. À ceux-là, Katia Haddad, vice-doyen de la Faculté des Lettres de l’USJ, répond : «Dans sa poésie, comme dans son théâtre, le Liban est constamment présent. Sans être jamais nommé. En procédant ainsi, Georges Schéhadé a élargi le Liban aux dimensions universelles…». Par ailleurs, on a coutume de dire que le théâtre de Schéhadé est un théâtre poétique. «Mais il ne faut pas le réduire à cette seule expression» dit, Mme Haddad. «La poésie, élément dramaturgique, est le moteur de son action. Par exemple dans “Histoire de Vasco”, il nous fait rêver grâce à son utilisation extraordinaire de l’espace scénique qu’il divise en deux parties dont l’une (espace de la charrette sans cheval) est consacrée au rêve....
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