Petite provinciale courageuse ou marionnette manipulée, Paula Jones a perdu face au président Bill Clinton, dont elle était pourtant devenue le cauchemar depuis quatre ans. Elle n’aura pas le procès civil qu’elle cherchait, la justice ayant estimé que sa plainte pour harcèlement sexuel n’était pas assez étayée pour justifier un procès, dont la date avait pourtant déjà été fixée au 27 mai. Celle qui a défié en vain l’homme le plus puissant des Etats-Unis, cherchant à le traîner en justice pour une présumée proposition douteuse dans une chambre d’hôtel, est pour l’état civil âgée de 31 ans, mariée à un employé chargé des réservations pour une compagnie aérienne, et mère au foyer de deux jeunes enfants vivant à Long Beach, près de Los Angeles. Ses intérêts avaient été pris en charge par Institut conservateur, le Rutherford Institute, qui payait ses frais de justice, et auquel étaient liés ses avocats. La petite provinciale était allée l’an dernier jusqu’à la Cour suprême pour obtenir que soit jugé le président américain durant son mandat. Elle avait obtenu gain de cause. Selon ses dires, elle avait porté plainte en 1994 pour laver son honneur, blessé par un article où un ancien garde du corps de Clinton affirmait qu’une certaine Paula avait en 1991 passé une demi-heure avec M. Clinton dans une chambre d’hôtel, et s’était ensuite vantée de pouvoir en devenir la petite amie. Sa plainte racontait une toute autre histoire: celle d’un gouverneur faisant venir une jeune réceptionniste, employée par l’Etat de l’Arkansas, dans une chambre d’hôtel de Little Rock (Arkansas), lui faisant un rapide compliment, puis baissant son pantalon pour lui demander une faveur qu’elle refuse. «Vous êtes intelligente, que cela reste entre nous», lui aurait alors dit le gouverneur Clinton, selon la plainte. L’argent et les excuses A l’époque, le tout Washington s’était gaussé, l’opinion publique n’en donnait pas cher: Paula Jones avait 24 ans, était mal habillée et outrageusement maquillée, sa longue coiffure permanentée traduisait autant que son fort accent du sud ses origines rurales et modestes. L’entourage présidentiel n’avait pas eu de mots assez durs pour cette fille d’ouvrier ayant grandi dans une caravane près du bourg de Lonoke, dans l’Arkansas, la traitant tour à tour de «détritus de terrain de caravaning» ou de «chercheuse d’or». Pour l’avocat du président Robert Bennett, Paula Jones voulait un procès pour pouvoir vendre ensuite son histoire et n’était que la marionnette des milieux conservateurs hostiles au président Clinton. Ces derniers mois, conseillée par celle qui était devenue sa porte-parole, Susan Carpenter McMillan, Paula Jones avait changé son image, adouci son maquillage, lissé sa coiffure et mis au placard ses tenues affriolantes, dans un souci évident de respectabilité. Mais la moitié des Américains ne croyaient pas à son histoire. Elle même se refusait à toute interview, ne prenant jamais la parole lors de ses rares apparitions publiques encadrées par ses avocats. Elle réclamait deux millions de dollars pour un éventuel règlement à l’amiable, et avait toujours affirmé que des excuses étaient aussi importantes que l’argent. Si elle n’a pas réussi à traîner en justice le président américain, plusieurs experts ont souligné les dégâts considérables qu’elle a causés à la réputation de Bill Clinton, désormais perçu par une bonne partie de ses électeurs comme un bon président, mais un homme privé à la moralité plus que douteuse. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Petite provinciale courageuse ou marionnette manipulée, Paula Jones a perdu face au président Bill Clinton, dont elle était pourtant devenue le cauchemar depuis quatre ans. Elle n’aura pas le procès civil qu’elle cherchait, la justice ayant estimé que sa plainte pour harcèlement sexuel n’était pas assez étayée pour justifier un procès, dont la date avait pourtant déjà été fixée au 27 mai. Celle qui a défié en vain l’homme le plus puissant des Etats-Unis, cherchant à le traîner en justice pour une présumée proposition douteuse dans une chambre d’hôtel, est pour l’état civil âgée de 31 ans, mariée à un employé chargé des réservations pour une compagnie aérienne, et mère au foyer de deux jeunes enfants vivant à Long Beach, près de Los Angeles. Ses intérêts avaient été pris en charge par...