La Banque Audi a réuni pour la première fois trois agences internationales de notation financière, Standard and Poor’s, Moody’s et IBCA, afin d’examiner les moyens de renforcer le potentiel financier du secteur bancaire libanais. Des représentants de la banque d’investissement américaine Robert Flemings Securities Limited et de la société financière américaine Merrill Lynch participent à ce séminaire prévu sur 2 jours. En inaugurant hier le séminaire, tenu en présence de délégués de la Banque centrale du Liban, de l’Association des banques et de 30 établissements bancaires et sociétés financières basés au Liban, le directeur général de la Banque Audi, M. Samir Hanna, a souligné la nécessité de prendre des initiatives. «Les banques doivent notamment augmenter leurs capitaux consolidés à long terme, se conformer aux ratios de la banque de règlements internationaux (BIS) et avoir le courage de participer à des investissements à long terme lors de leurs futures augmentations de capitaux», a-t-il déclaré. M. Freddie Baz, conseiller du président de la Banque Audi, a pour sa part estimé que, pour accéder aux marchés internationaux et y émettre des «papiers libanais», les 80 banques opérant au Liban, dont cinq d’investissements, doivent relever trois défis. Interrogé par l’AFP sur le but du séminaire, M. Baz a indiqué que «les banques libanaises, principaux émetteurs du Proche-Orient sur les marchés internationaux, doivent se familiariser avec les règles de notation et les analyses des banques d’investissements qui parrainent les émissions d’eurobligations et d’euronotes». Les représentants des agences américaines, Standard and Poor’s et Moody’s, et de la société européenne IBCA, basée à Londres, ont exposé leurs méthodes de notation du «risque Liban» en fonction de l’état des finances publiques, notamment de la dette publique qui a atteint 96% du PIB en 1997. Ils ont souligné le poids de l’incidence négative du déficit budgétaire enregistré pour la troisième année consécutive (23% du PIB en 1997, 18% en 1996 et 15% en 1995), qui a mené à la «mise sous surveillance» en 1998 du «risque Liban». Les responsables des banques libanaises, qui ont émis pour un milliard de dollars d’euronotes et d’eurobligations, ont réclamé une notation indépendante de celle du «risque Liban», au vu de «la bonne santé et de la modernisation du secteur bancaire libanais». Selon M. Baz, «la notation des banques libanaises, notamment en devises étrangères à long terme, est jusque-là plafonnée par le risque souverain, alors que la notation qui évalue la banque sur un plan strictement individuel, doit être indépendante de ce risque; la notation devrait alors s’améliorer». Le «risque Liban» est de B1 selon Moody’s, BB— selon Standard and Poor’s et BB selon IBCA. Ces agences ont accordé les mêmes notations à quatre des dix banques libanaises ayant émis des eurobons et des euronotes: Banque du Liban et d’Outre-Mer, Méditerranée, Audi et Byblos. Fin 1997, le bilan consolidé des banques libanaises était de 25,5 mds USD, dont les deux-tiers en devises, selon une source bancaire.
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