Longtemps dominée par le poids de la Démocratie chrétienne (DC) qui a gouverné l’Italie sans interruption de 1945 à 1992, la droite italienne, reléguée dans l’opposition depuis 1996, a entrepris un long travail de recomposition qui n’est pas prêt de s’achever. Parti de masse d’inspiration chrétienne et libérale, foncièrement anticommuniste, la DC, minée par les scandales et la désaffection des électeurs, a été emportée par la vague anticorruption qui a balayé l’Italie à partir de 1992. Depuis, la droite italienne n’a pas «disparu» – expression utilisée par le député néo-gaulliste français Patrick Devedjian – mais elle traverse une crise sans précédent. Forte de 245 députés (sur 630) et 116 sénateurs (sur 315), l’opposition ne parvient pas à incarner une alternative crédible. La DC ou «baleine blanche», comme la surnommait la presse pour souligner son immobilité et sa pesanteur, a éclaté en trois petites formations rivales. La principale composante de l’ex-DC, le Parti populaire italien (PPI), a rejoint la coalition de centre-gauche L’Olivier, dominée par les ex-communistes du Parti communiste italien (PCI) devenu le Parti démocratique de la gauche (PDS, social-démocrate). Pour rendre un espace à la droite, le magnat de la communication Silvio Berlusconi a lancé en 1994 le parti Forza Italia qui a remporté les élections générales de la même année, grâce notamment à une campagne médiatique sans précédent dans le pays. Nostalgie Cette victoire ne fut cependant qu’un intermède. Huit mois après son arrivée à la tête du gouvernement, atteint par les «affaires» et lâché par ses encombrants alliés de la Ligue du Nord, formation populiste réclamant la sécession du nord riche de l’Italie, M. Berlusconi a démissionné. En avril 1996, L’Olivier a remporté les élections et, pour la première fois dans l’histoire de la République italienne, la gauche semble pouvoir se maintenir au pouvoir tout le temps d’une législature, c’est-à-dire jusqu’en 2001. M. Berlusconi est toujours le chef en titre de l’opposition, au sein d’une coalition baptisée le Pôle des Libertés, mais son autorité est contesté au sein même de sa famille politique qui ne voit plus en lui le chef capable de faire gagner son camp. «La droite italienne n’existe pas», affirme avec provocation Ezio Mauro, directeur de l’influent quotidien de centre-gauche «La Repubblica». «Elle ne parvient pas à capter, convaincre et représenter l’autre moitié de l’Italie», a-t-il estimé. Une des figures montantes de la droite italienne est désormais Gianfranco Fini, 45 ans, dynamique dirigeant du mouvement post-fasciste Alliance nationale (AN), héritier du fascisme de Mussolini. Contrairement au Front national (FN) français, avec lequel il refuse tout contact, AN a gommé les références à son passé sulfureux. Lors du dernier congrès de son parti, fin février, M. Fini s’est même payé le luxe de dénoncer l’anticommunisme qui reste le credo politique de M. Berlusconi. Il reste cependant que tous les militants d’AN, qui revendique un demi-million d’adhérents, ne sont pas encore à l’image de leur dirigeant. Le sénateur AN, Domenico Fisichella, vice-président du Sénat, reconnaît que «l’avenir de l’AN dépendra du degré de dilution des nostalgiques dans la masse des nouveaux venus». L’extrême-droite italienne – représentée par le mouvement néo-fasciste Flamme Tricolore et le Front national italien, qui entretiennent des liens avec le FN français – ne représente rien sur l’échiquier politique, tandis que les populistes de la Ligue du Nord, longtemps courtisés par M. Berlusconi qui leur avait ouvert les portes de son gouvernement, apparaissent isolés et en perte de vitesse. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Longtemps dominée par le poids de la Démocratie chrétienne (DC) qui a gouverné l’Italie sans interruption de 1945 à 1992, la droite italienne, reléguée dans l’opposition depuis 1996, a entrepris un long travail de recomposition qui n’est pas prêt de s’achever. Parti de masse d’inspiration chrétienne et libérale, foncièrement anticommuniste, la DC, minée par les scandales et la désaffection des électeurs, a été emportée par la vague anticorruption qui a balayé l’Italie à partir de 1992. Depuis, la droite italienne n’a pas «disparu» – expression utilisée par le député néo-gaulliste français Patrick Devedjian – mais elle traverse une crise sans précédent. Forte de 245 députés (sur 630) et 116 sénateurs (sur 315), l’opposition ne parvient pas à incarner une alternative crédible. La DC ou...