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Actualités - Chronologie

Affaire Papon : épilogue d'un procès marathon

Le procès de Maurice Papon doit connaître aujourd’hui son épilogue judiciaire au terme d’un procès marathon de six mois d’audiences qui a relancé un grand débat historique, pédagogique et moral sur la France durant et après la Deuxième Guerre mondiale. Quel que soit le verdict, ce procès a questionné l’Histoire parce qu’à 87 ans Maurice Papon est le premier et le seul ancien haut fonctionnaire du régime de Vichy à répondre devant des juges de crimes contre l’humanité. Il remet en question la pédagogie nationale parce qu’il a agi pour les Français comme une véritable catharsis en les contraignant à s’interroger sur la collaboration du régime de Vichy avec l’occupant nazi. Il intervient alors qu’il a fallu attendre 1995 et Jacques Chirac pour qu’un président français exprime le repentir de l’Etat pour les persécutions dont furent victimes les membres de la communauté juive, qui reste aujourd’hui la plus importante d’Europe occidentale. Or, après six mois d’audiences, le procès Papon se termine sur une série de doutes et d’interrogations. Déroutant, il l’aura d’abord été par son gigantisme et sa dimension dans le temps: un dossier de 50.000 pages, 6.354 documents saisis, 93 audiences étalées sur près de six mois, des contretemps, interruptions à répétition et «procès dans le procès», plusieurs hospitalisations, un accusé âgé de 87 ans, des faits qui remontent à plus de 50 ans, et l’absence de témoins directs. Dès l’ouverture des débats, deux décisions instillent le doute: alors que tout accusé de cour d’assises comparaît détenu, Maurice Papon est remis en liberté. L’un des avocats des parties civiles, Me Bertrand Favreau parle de «procès désormais fictif», car cette décision signifie que l’accusé sortira libre de cour d’assises, quelle que soit la condamnation prononcée, jusqu’à une décision de la cour de cassation. De même, le jour de l’ouverture du procès, le procureur Henri Desclaux annonce qu’il a changé d’avis: il retiendra l’intégralité des faits reprochés à Maurice Papon, alors que dans son réquisitoire définitif, en 1995, il n’en retenait qu’une partie. Autant d’annonces qui limitent la clarté pédagogique d’un procès qui tarde par ailleurs à entrer dans les faits. Car le président de la cour d’appel de Bordeaux, Jean-Louis Castagnède, veut prendre le temps de cerner par le détail la personnalité de l’accusé. Ainsi, plusieurs jours sont consacrés à la guerre d’Algérie, et au rôle de Maurice Papon, préfet de la police de Paris, dans la répression des manifestations algériennes en France. Le procès prend aussitôt un tour polémique et le ministre de la Culture, Mme Catherine Trautmann, annonce l’ouverture des archives de la préfecture de police de Paris. Quelques jours plus tard, les débats se déplacent à nouveau sur le terrain politique, lorsque viennent à la barre résistants et anciens ministres. Le chef du RPR, Phillipe Séguin, dénonce le procès «prétexte» à une accusation du gaullisme. D’autres rebondissements viendront brouiller encore la «lisibilité» des débats: l’historien Michel Bergès, à l’origine du procès, dénonce maintenant des lacunes dans l’instruction. Un autre avocat des parties civiles, Me Arno Klarsfeld, le fils du célèbre chasseur de nazis, conteste l’impartialité du président Jean-Louis Castagnède en révélant ses liens de parenté indirects avec une famille de déportés, donnant l’impression, difficilement compréhensible, de tenter de torpiller le procès. Enfin, les avocats des parties civiles ne sont pas d’accord sur la peine à réclamer. Certains demandent la perpétuité, tandis que Me Klarsfeld souhaite une peine réduite.(AFP)
Le procès de Maurice Papon doit connaître aujourd’hui son épilogue judiciaire au terme d’un procès marathon de six mois d’audiences qui a relancé un grand débat historique, pédagogique et moral sur la France durant et après la Deuxième Guerre mondiale. Quel que soit le verdict, ce procès a questionné l’Histoire parce qu’à 87 ans Maurice Papon est le premier et le seul ancien haut fonctionnaire du régime de Vichy à répondre devant des juges de crimes contre l’humanité. Il remet en question la pédagogie nationale parce qu’il a agi pour les Français comme une véritable catharsis en les contraignant à s’interroger sur la collaboration du régime de Vichy avec l’occupant nazi. Il intervient alors qu’il a fallu attendre 1995 et Jacques Chirac pour qu’un président français exprime le repentir de...