Pour pouvoir fonctionner sous l’embargo et payer les salaires des professeurs, l’Université de Bagdad essaie de s’autofinancer, proposant ses services aux entreprises et des cours du soir payants. «L’université a commencé à proposer ses services aux secteurs public et privé, sous formes d’études», a déclaré son président, Abdel Ilah Khachab. Ainsi, la faculté d’Architecture fournit des consultations et élabore des plans pour la construction de maisons et d’usines. D’autres facultés font des études de faisabilité ou des traductions ou encore des stages de formation de cadres, chacun selon sa spécialité. La faculté d’Agronomie quant à elle cultive des terres et vend les récoltes, et a repris au secteur public une usine de produits laitiers qu’elle va commencer à faire fonctionner. L’école vétérinaire soigne des animaux et se fait payer ses services, a indiqué le président de l’Université. Les laboratoires de l’université sont également mis à contribution pour ces projets auxquels participent les professeurs comme les élèves. Dans le même temps, dix facultés ont commencé à organiser des cours du soir payants, a indiqué M. Khachab. Grâce à ce système, l’Université a pu gagner l’an dernier 600 millions de dinars irakiens (400.000 dollars environ) avec 350 contrats, selon lui. «80% de cette somme ont été allouées aux professeurs et 20% à l’entretien du matériel dans certaines facultés», a-t-il précisé. En raison de la chute brutale du dinar, due à l’embargo en vigueur depuis l’invasion irakienne du Koweit en 1990, le salaire moyen d’un professeur d’université tourne autour de 10 dollars par mois. Cette expérience «nous a appris à être moins dépendants des allocations de l’État», devenues dérisoires en raison de l’embargo, a-t-il dit. L’université, qui a été fondée en 1975, compte plus de 50.000 élèves répartis sur 21 facultés. Les sommes allouées au secteur de l’Éducation depuis l’entrée en vigueur de ce programme ont atteint 181,8 millions de dollars selon l’ONU, dont 100 millions pour la quatrième phase qui expire fin novembre. Le ministre irakien de l’Éducation, Fahd Salem al-Chaqra, avait cependant affirmé en septembre que ces sommes n’assuraient pas «le millième» des besoins dans le domaine de l’éducation. L’Irak compte actuellement 250 000 étudiants dans douze universités où enseignent 10 000 professeurs, a récemment indiqué le ministre de l’Enseignement supérieur, Abdel Jabbar Toufiq, en marge d’une conférence de l’UNESCO tenue au début du mois à Paris.
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