On aurait pu croire que, fort de deux titres de champion du monde et d’une réputation de meilleur pilote de l’époque, Michael Schumacher n’aurait plus rien à prouver dimanche sur le circuit de Suzuka. On aurait pu supposer que la pression serait d’abord sur les épaules de son rival finlandais Mika Hakkinen, leader du classement mondial avec quatre points d’avance sur l’Allemand, à quelques coups de volant du premier sacre suprême de sa carrière. Pourtant, c’est bel et bien «Schumi» qui sera le plus exposé dans l’ultime Grand Prix d’une très belle saison de Formule un. Pour les tifosi et tous les amoureux de la Scuderia d’abord, qui ne contestent pas le talent et la hargne de Schumacher, mais qui attendent depuis maintenant 19 ans un titre mondial, depuis celui de Jodi Scheckter en 1979. Être champion du monde au volant d’une Ferrari, c’est rejoindre Juan Manuel Fangio, Alberto Ascari ou Niki Lauda au panthéon des meilleurs pilotes de l’histoire. Gagner un troisième titre mondial, c’est se ranger aux côtés des plus fameux: Fangio, Lauda, Alain Prost, Jack Brabham, Jackie Stewart, Nelson Piquet et Ayrton Senna. L’enjeu est grand, la nervosité aussi. D’autant plus qu’il ne s’agit pas seulement de vaincre pour Schumacher, mais de vaincre «proprement». Depuis son premier titre mondial décroché en 1994 lors du dernier Grand Prix de la saison, en Australie, au prix d’un accrochage avec Damon Hill, Michael Schumacher s’est forgé une image de pilote prêt à tout pour s’imposer. Hill dira de lui: «C’est une machine, pas un homme». La saison dernière, le cas de figure était presque semblable; le titre n’était pas adjugé avant l’ultime Grand Prix, à Jerez. Schumacher perdra la tête et la course, et le titre, en accrochant délibérément son rival Jacques Villeneuve. Condamné unanimement, Schumacher, vainqueur de 33 Grands Prix, dont 14 avec Ferrari, s’est racheté une conduite cette saison. Calme, toujours maître de lui dans le paddock, il ne s’est guère signalé par des éclats. A Spa, un incident avec David Coulthard, en retard d’un tour, lui fait perdre la course. Il se précipite vers le stand McLaren pour en découdre avec l’Ecossais. Mais cette fois, Schumacher joue le rôle de la victime. Sera-t-il toujours aussi maître de lui dimanche?
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats On aurait pu croire que, fort de deux titres de champion du monde et d’une réputation de meilleur pilote de l’époque, Michael Schumacher n’aurait plus rien à prouver dimanche sur le circuit de Suzuka. On aurait pu supposer que la pression serait d’abord sur les épaules de son rival finlandais Mika Hakkinen, leader du classement mondial avec quatre points d’avance sur l’Allemand, à quelques coups de volant du premier sacre suprême de sa carrière. Pourtant, c’est bel et bien «Schumi» qui sera le plus exposé dans l’ultime Grand Prix d’une très belle saison de Formule un. Pour les tifosi et tous les amoureux de la Scuderia d’abord, qui ne contestent pas le talent et la hargne de Schumacher, mais qui attendent depuis maintenant 19 ans un titre mondial, depuis celui de Jodi Scheckter en 1979. Être champion du...