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Actualités - Conferences Et Seminaires

Conférence Le roman algérien disséqué par Lucette Valensi

Lucette Valensi, directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales de Paris, a donné une conférence au Centre culturel français sur «le roman algérien comme lieu de la critique sociale». L’Algérie a produit un très grand nombre d’œuvres caractérisées par une diversité «dans les tonalités et les écoles». Pour Mme Valensi, il existe deux grands courants qui correspondent à deux époques historiques : la colonisation française et la post-indépendance. Dans la production littéraire d’avant 1962, Mme Valensi constate que l’écriture est «expression d’individualisation ». Durant cette période, les auteurs ont éprouvé le besoin de s’isoler et de se confier à la page blanche. Ils s’expriment en français et s’adressent principalement au lectorat français de la métropole, en vue de sensibiliser l’opinion à leurs problèmes mais aussi d’affirmer et de défendre l’identité nationale. Dans la période post-indépendance, souligne Mme Valensi, la plupart de ces auteurs sont tombés dans le silence absolu. Certains sont devenus des fonctionnaires dans le ministère de la Culture, ils font donc partie de l’establishment. D’autres auteurs ont surgi, réalisant dans le domaine littéraire, ce que le régime voulait établir dans le domaine public. «Ils ont mis leur plume au service d’une identité nationale, glorifiant une abstraction qui est “le peuple algérien”. Leurs écrits se caractérisaient par une négation absolue de l’héritage colonial, » remarque la conférencière. Évidemment, une question essentielle se posait :dans quelle langue écrire? En français, «langue de l’aliénation » ? À cet égard, Mme Valensi donne l’exemple de Kateb Yacine qui a dit, «je me suis jeté dans la gueule du loup» en se référant à l’usage de la langue française dans ses romans. Il s’est donc mis à écrire des pièces de théâtre en arabe dialectal. L’écrivain en Algérie est possédé du syndrome de Schéhérazade, a conclu Mme Valensi. Explication : «dans une société conventionnelle l’écrivain devient comme Schéhérazade :en poétisant la réalité, la victime arrive à prendre en otage le bourreau»…
Lucette Valensi, directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales de Paris, a donné une conférence au Centre culturel français sur «le roman algérien comme lieu de la critique sociale». L’Algérie a produit un très grand nombre d’œuvres caractérisées par une diversité «dans les tonalités et les écoles». Pour Mme Valensi, il existe deux grands courants qui correspondent à deux époques historiques : la colonisation française et la post-indépendance. Dans la production littéraire d’avant 1962, Mme Valensi constate que l’écriture est «expression d’individualisation ». Durant cette période, les auteurs ont éprouvé le besoin de s’isoler et de se confier à la page blanche. Ils s’expriment en français et s’adressent principalement au lectorat français de la métropole, en...