La République de Chypre abrite des séparatistes kurdes en lutte armée contre Ankara. «Ce qui nous rapproche, c’est notre hostilité commune à la Turquie», explique le porte-parole de la communauté kurde à Chypre, forte de quelque 200 personnes. Se défendant de diriger une représentation officielle du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), le porte-parole, qui se présente comme le «camarade Aziz», affirme être à la tête d’une association d’amitié kurde-chypriote tolérée par les autorités chypriotes. «Les Chypriotes-grecs sont solidaires avec nous dès lors qu’ils mesurent à leur juste valeur les souffrances que nous endurons de la part de l’armée turque», note-t-il. «Eux-mêmes sont confrontés à un problème de disparus et de déplacés depuis l’occupation turque du nord de Chypre» il y a plus de 23 ans, ajoute-t-il. Plus de 1.600 Chypriotes-grecs sont portés disparus depuis l’intervention de l’armée turque dans le nord de Chypre en 1974. Ankara qui, depuis, maintient 35.000 militaires dans le nord de Chypre, est opposé à une adhésion de la République de Chypre à l’UE, laquelle refuse l’amorce d’un processus d’élargissement à la Turquie en raison, notamment, de la situation dans ce pays des droits de l’homme, en particulier ceux des Kurdes. Selon le «camarade Aziz», les autorités chypriotes ne «s’immiscent pas dans les affaires kurdes». «Nous n’avons ni réfugiés ni camp d’entraînement militaire à Chypre», assure-t-il. «Du moment que leurs activités à Chypre sont d’ordre culturel et humanitaire et n’enfreignent pas la loi du pays, ces Kurdes sont les bienvenus», a précisé un responsable chypriote. Certains activistes à Chypre distribuent un bimestriel en grec, «La Voix du Kurdistan». «C’est un bulletin d’information que nous recevons de Grèce pour informer les Chypriotes-grecs des exactions de l’armée turque contre notre peuple», explique le «camarade Aziz». Ce bulletin diffuse un appel à des dons au profit du PKK. Se réclamant du Front populaire de libération du Kurdistan, l’aile politique du PKK, le «camarade Aziz» assure que les activités de son association à Nicosie et celles d’un centre culturel à Limassol sont totalement financées par la communauté kurde à Chypre, principalement des ouvriers du bâtiment. A Nicosie, l’association occupe un appartement de deux niveaux avec un équipement moderne, notamment un ordinateur et une antenne satellitaire. Les Kurdes viennent à Chypre «par leurs propres moyens, déjà munis de contrats de travail et leur séjour est temporaire, dans l’attente d’obtenir l’asile politique en Europe», ajoute «le camarade Aziz». Il ne manque cependant pas de préciser que le chef du PKK Abdullah Ocalan, dont le portrait orne l’entrée du siège de l’association, «insiste pour veiller aux intérêts des Kurdes partout dans le monde». Activistes politiques ou non, ces Kurdes de Chypre ne sont pas à l’abri des attentats commis par «des agents à la solde de la Turquie», selon leur porte-parole. Le porte-parole rappelle un attentat qui avait coûté la vie le 20 mars 1993 à Théofilos Georgiadés, le fondateur (chypriote) de l’Association en 1988, ainsi qu’un attentat commis en 1996 contre le centre culturel à Limassol. «La Turquie nous pourchasse partout dans le monde», résume-t-il. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La République de Chypre abrite des séparatistes kurdes en lutte armée contre Ankara. «Ce qui nous rapproche, c’est notre hostilité commune à la Turquie», explique le porte-parole de la communauté kurde à Chypre, forte de quelque 200 personnes. Se défendant de diriger une représentation officielle du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), le porte-parole, qui se présente comme le «camarade Aziz», affirme être à la tête d’une association d’amitié kurde-chypriote tolérée par les autorités chypriotes. «Les Chypriotes-grecs sont solidaires avec nous dès lors qu’ils mesurent à leur juste valeur les souffrances que nous endurons de la part de l’armée turque», note-t-il. «Eux-mêmes sont confrontés à un problème de disparus et de déplacés depuis l’occupation turque du nord de Chypre» il y a plus...