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Actualités - Chronologie

Le feu a commencé il y a ... 28 ans

Le feu qui attire aujourd’hui l’attention internationale dans l’état du Roraima a commencé «il y a… 28 ans, avec la politique des militaires d’attirer en Amazonie des petits agriculteurs ou une classe moyenne plus ou moins ruinée des régions centre-sud et nord-est du Brésil», estime un responsable de l’Institut de recherches d’Amazonie (INPA). «Dans les années 70 (en pleine dictature), il était plus facile pour les militaires d’affronter les Indiens que les fortes pressions sociales dans le sud du pays et on a incité les gens à aller à la conquête de l’Amazonie», a expliqué M. Reinaldo Barbosa de l’INPA. En 1978, il y avait 80.000 habitants dans le Roraima constitué par 72,1% de forêt et le reste de savanes. En 1996, on en comptait 262.000 dont 32.000 Indiens. «Pour conquérir l’Amazonie, les colons ont déboisé et pratiqué les brûlis», a-t-il dit. «Et, si en 1978, la superficie déboisée du Roraima (225.116 kilomètres carrés) était de 100 kilomètres carrés, en 1996 elle était de 5361 kilomètres carrés, soit 50 fois plus», a comparé le scientifique. «Les effets des brûlis, cette pratique agricole peu onéreuse, qui date du XVIe siècle, employée de novembre à avril pour nettoyer le terrain et le préparer pour planter ou faire des pâturages, ont été maximisés cette année par le phénomène climatique El Nino, en raison de la sécheresse exceptionnelle qu’il a provoquée, facilitant la propagation du feu», a précisé M. Barbosa. Les responsables de l’Institut brésilien à l’environnement (IBAMA) estiment par ailleurs que certains propriétaires terriens et petits agriculteurs ont pratiqué de nouveaux brûlis récemment face à la promesse du gouvernement d’éponger les crédits agricoles des sinistrés. Mentalités à changer «Le plus grave, selon M. Barbosa, est que déboiser l’Amazonie est paradoxalement considéré comme positif puisqu’un hectare de forêt coûte 15 dollars alors qu’un hectare de pâturage en coûte 150». «Il faut changer les mentalités», a-t-il dit. Le responsable de l’INPA qui a survolé plusieurs fois la région au cours des dernières semaines pour tenter de calculer l’ampleur de la destruction qu’il estime aujourd’hui à plus de 17% de toute la superficie de l’Etat, a dit que le feu avance actuellement de 3 à 4 km par jour en moyenne. Les militaires qui dirigent la lutte contre les incendies ont annoncé que les principaux foyers d’Apiau, Boqueirao et Confiança à 130 kilomètres au sud-ouest de Boa Vista étaient en passe d’être maîtrisés par les 500 pompiers et soldats qui y travaillent. Certains des hommes vont pouvoir être déplacés sur d’autres foyers comme Caracari et l’île de Maraca, le sanctuaire écologique du Roraima où trois incendies ont éclaté dernièrement. Dès dimanche, 100 pompiers combattaient le feu dans la réserve des Indiens Yanomamis atteinte par le feu à Arajani et Baixo Mucajai. Le professeur Aziz Ab’Sabe de l’Université de Sao Paulo, spécialiste en environnement, venu évaluer l’ampleur des dégâts, a déclaré qu’il «fallait alerter les autorités sur la nécessité d’avoir des plans pour des situations «prévisibles» comme les brûlis ou les inondations au Brésil». (AFP)
Le feu qui attire aujourd’hui l’attention internationale dans l’état du Roraima a commencé «il y a… 28 ans, avec la politique des militaires d’attirer en Amazonie des petits agriculteurs ou une classe moyenne plus ou moins ruinée des régions centre-sud et nord-est du Brésil», estime un responsable de l’Institut de recherches d’Amazonie (INPA). «Dans les années 70 (en pleine dictature), il était plus facile pour les militaires d’affronter les Indiens que les fortes pressions sociales dans le sud du pays et on a incité les gens à aller à la conquête de l’Amazonie», a expliqué M. Reinaldo Barbosa de l’INPA. En 1978, il y avait 80.000 habitants dans le Roraima constitué par 72,1% de forêt et le reste de savanes. En 1996, on en comptait 262.000 dont 32.000 Indiens. «Pour conquérir l’Amazonie, les...