Le plus célèbre patron israélien, M. Benny Gaon, continue à miser sur les dividendes d’un processus de paix en panne depuis un an et s’apprête à lancer un fonds d’investissements de 100 millions de dollars au profit de futures sociétés israélo-arabes. A 63 ans, M. Gaon a confirmé son intention de quitter en juillet la direction de Koor, le plus important conglomérat industriel israélien (3,5 milliards de dollars de chiffre d’affaires annuel). Mais il se refuse à prendre sa retraite. M. Gaon s’est fixé comme but d’aider à «privatiser la paix» avec un fonds qui servira, selon un communiqué, à mettre sur pied des sociétés conjointes israélo-arabes et à favoriser une coopération régionale, «seule capable de consolider la paix». M. Gaon, qui s’est refusé à fournir d’autres détails sur son projet, s’est fait depuis des années l’ardent défenseur du processus de paix. Le président de l’Association des industriels, M. Dan Propper, lui a proposé de prendre la tête d’une commission spéciale chargée de développer les relations avec les pays arabes. «Il pourrait apporter une importante contribution pour renforcer les liens commerciaux avec le monde arabe grâce à son expérience et à ses relations au sein de l’Autorité palestinienne et dans les pays voisins», a récemment affirmé M. Propper. M. Gaon a donné l’exemple en participant à de multiples conférences économiques régionales et délégations d’hommes d’affaires israéliens dans les pays tels que la Jordanie, l’Egypte, au Maroc, ou dans les Etats du Golfe. En 1996, comme la plupart des grands patrons, il a appelé à voter pour le dirigeant travailliste Shimon Pérès, partisan lui aussi d’un «nouveau Proche-Orient». Intransigeance A la suite de l’élection du dirigeant de la droite nationaliste Benjamin Netanyahu, M. Gaon n’a pas ménagé ses critiques et dénoncé la politique «intransigeante» du gouvernement, qui pourrait décourager, selon lui, des investisseurs étrangers potentiels à miser sur l’économie israélienne. Sur le front des affaires, M. Gaon s’est taillé une réputation de sauveur d’entreprises. Lorsqu’il prend le contrôle il y a dix ans de Koor, ce conglomérat industriel contrôlé à l’époque par la centrale syndicale Histadrout est au bord de la faillite avec des dettes de 1,5 milliard de dollars. Pour renflouer le groupe, il procède à une dizaine de milliers de licenciements et se sépare des activités les moins rentables. Il réussit à redresser les comptes sans avoir à céder les joyaux du groupe tels que Tadiran, le numéro un de l’électronique civile et militaire. L’an dernier, Koor a enregistré un bénéfice en baisse de 22% mais qui a malgré tout atteint 138 millions de dollars, pour un chiffre d’affaires de 3,5 mds USD. Le succès de ce redressement a été tel que le groupe financier américain Claridge, contrôlé par le conglomérat canadien Seagram (vins, spiritueux, loisirs), a pris l’an dernier une participation de 28% dans le capital de Koor pour une somme de 385 M USD. Mais l’arrivée en force de ce nouveau partenaire a remis en cause la position de M. Gaon. «Dans un avion, il ne peut y avoir qu’un seul pilote et l’actionnaire le plus puissant a le droit de diriger l’appareil», a reconnu récemment M. Gaon. Pour le remplacer, Claridge a désigné M. Jonathan Kolber. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le plus célèbre patron israélien, M. Benny Gaon, continue à miser sur les dividendes d’un processus de paix en panne depuis un an et s’apprête à lancer un fonds d’investissements de 100 millions de dollars au profit de futures sociétés israélo-arabes. A 63 ans, M. Gaon a confirmé son intention de quitter en juillet la direction de Koor, le plus important conglomérat industriel israélien (3,5 milliards de dollars de chiffre d’affaires annuel). Mais il se refuse à prendre sa retraite. M. Gaon s’est fixé comme but d’aider à «privatiser la paix» avec un fonds qui servira, selon un communiqué, à mettre sur pied des sociétés conjointes israélo-arabes et à favoriser une coopération régionale, «seule capable de consolider la paix». M. Gaon, qui s’est refusé à fournir d’autres détails sur son projet,...