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Actualités - Chronologie

L'internet de demain oppose les USA au reste du monde

Une proposition américaine pour l’indispensable réorganisation d’Internet s’attire un tollé de critiques, venues d’Europe, de l’organisation mondiale Internet Society, mais aussi des tenants d’un réseau autogéré. En jeu, le système de gestion des adresses Internet, composante vitale des communications sur le réseau. Le contrôle du Net revient de facto à qui surveille l’enregistrement des «noms de domaine» et leur attribue les codes informatiques orientant les données en transit. Le gouvernement américain a publié à la mi-février une proposition de réforme, dans un «Livre vert» qui veut ouvrir le système à la concurrence, sous contrôle d’un organisme international. Mais Washington entend assurer une transition de deux ans et limiter les possibilités de nouvelles adresses, ce que ses adversaires considèrent comme un maintien du contrôle américain alors que l’internationalisation du réseau s’accélère. «Nous sommes inquiets du fait que le «Livre vert» laisse la porte ouverte à un contrôle du gouvernement américain sur la régulation» du réseau, souligne l’Internet Society, organisation non gouvernementale regroupant entreprises et individus dans le monde entier. Même si «les Etats-Unis considèrent un peu Internet comme leur enfant», ce n’est pas une raison pour que ce pays décide seul de son avenir, a averti le commissaire européen chargé des télécommunications, Martin Bangemann. Les quinze Etats membres de l’Union européenne ont formulé vendredi leurs propres propositions pour une approche internationale. Quasi-monopole Washington préconise la création d’un nombre limité de nouvelles classifications, ces «generic Top Level Domain Names» (gTLD) qui permettent de savoir à quel type de site on a affaire (.com pour les sites commerciaux, ou .org pour les organisations à but non lucratif). Ceux-ci échapperaient au quasi-monopole dont bénéficie aujourd’hui la société américaine NSI, qui enregistre toutes les adresses sous les classifications les plus répandues. Des milliers de pages Web sont créées chaque heure. Ils contribueraient à répondre à la pénurie d’adresses dont souffre le Web, en ouvrant de nouvelles possibilités de noms. Mais ces TDL appartiendraient à des sociétés privées, ce que dénonce l’Internet Society. «Les TLD ne doivent pas être la propriété de quiconque, et doivent être considérés comme une ressource internationale, en laquelle le public doit pouvoir faire confiance», estime l’organisation internationale. L’Internet Society, qui travaille étroitement avec l’Union internationale des télécommunications, un organe de standardisation dépendant des Nations Unies, avait mis au point sa propre réforme après des mois de réflexion parmi ses membres. Ce nouveau système mondial décentralisé d’attribution et d’enregistrement, CORE, propose sept classifications supplémentaires, dont l’enregistrement serait soumis à la concurrence mais qui seraient gérées depuis des banques de données de service public, réparties dans le monde. CORE réunit déjà 88 sociétés d’enregistrement dans 23 pays, dont 35 en Europe. A gauche de l’échiquier, les tenants d’un Internet autogéré s’insurgent. CORE veut établir «un gouvernement mondial» sur le réseau, affirme l’Association pour les médias interactifs (AIM), qui représente 300 sociétés de nouvelle génération. Quant à la proposition américaine, «elle établit une régulation même si elle prétend que le gouvernement veut faire le contraire», estime la société alternative d’enregistrement Name. Space. Pour ces entrepreneurs d’un nouveau genre, très nombreux sur Internet, ce sera à l’initiative privée de faire face à l’évolution du réseau. Dans la plus totale liberté. (AFP)
Une proposition américaine pour l’indispensable réorganisation d’Internet s’attire un tollé de critiques, venues d’Europe, de l’organisation mondiale Internet Society, mais aussi des tenants d’un réseau autogéré. En jeu, le système de gestion des adresses Internet, composante vitale des communications sur le réseau. Le contrôle du Net revient de facto à qui surveille l’enregistrement des «noms de domaine» et leur attribue les codes informatiques orientant les données en transit. Le gouvernement américain a publié à la mi-février une proposition de réforme, dans un «Livre vert» qui veut ouvrir le système à la concurrence, sous contrôle d’un organisme international. Mais Washington entend assurer une transition de deux ans et limiter les possibilités de nouvelles adresses, ce que ses adversaires...