L'élargissement de l'UE entre dans sa phase pratique
le 28 mars 1998 à 00h00
Le processus d’élargissement de l’UE entre dans sa phase pratique avec le lancement mardi des négociations d’adhésion avec les six candidats les plus avancés, au lendemain d’une réunion des Quinze avec l’ensemble des onze postulants. Une première réunion aura lieu lundi au niveau des ministres des Affaires étrangères, mais aura un caractère protocolaire et formel. «Elle a surtout pour but de montrer que le processus d’élargissement a un caractère global et que même les cinq pays qui ne sont pas compris dans la première vague de négociations (Bulgarie, Roumanie, Lituanie, Lettonie et Slovaquie) en font bien partie intégrante», souligne un responsable européen. Mardi, ce seront uniquement les ministres des cinq pays d’Europe de l’Est considérés comme les plus avancés (Hongrie, Pologne, République tchèque, Slovénie, Estonie) plus Chypre qui vont se réunir avec leurs homologues des Quinze au sein de courtes «conférences intergouvernementales» successives destinées à donner le coup d’envoi des négociations d’adhésion. Ces six réunions auront aussi largement un caractère formel, le secrétaire au Foreign Office Robin Cook devant surtout y rappeler au nom de la présidence de l’UE les obligations de chaque partie. Seul le discours pour l’ouverture des négociations avec Chypre aura fait l’objet de tractations plus serrées, en raison des efforts de la France en faveur d’une plus grande prise en compte de la sensibilité turque. Ankara sera absente de ce rendez-vous de Bruxelles puisque le sommet de décembre à Luxembourg ne lui avait accordé qu’un statut «d’éligible» à l’UE. La Turquie avait manifesté sa mauvaise humeur en refusant d’assister à la première édition de la conférence européenne à Londres le 12 mars, qui avait, en bonne partie, été créée pour l’accueillir dans la «famille européenne». Pour les cinq autres candidats ne figurant pas dans la première vague de négociations, nombre d’éléments ont été mis en place pour qu’ils ne se sentent pas exclus. «L’acquis communautaire» Ainsi, au cours d’un Conseil des ministres des Affaires étrangères de l’UE qui se déroulera parallèlement mardi, les Quinze adopteront des «partenariats d’adhésion» avec chacun des onze. Ces documents fixent les tâches prioritaires tant politiques qu’économiques à accomplir à court comme à moyen terme pour les postulants. Ces objectifs dépendent de la position de chacun par rapport à ce que l’on appelle en jargon européen «l’acquis communautaire». S’approprier cet «acquis» supposera de la part des candidats, tant de transposer dans leur propre droit la législation européenne dans tous les domaines que de se donner les moyens de l’appliquer avec une administration suffisamment efficace et fiable. Ces partenariats regrouperont également les différents types d’aides financières auxquels auront accès les candidats pour les aider dans leur marche forcée. Il a été admis que cette assistance dépendra en partie des «progrès» de chacun dans la réalisation de son propre programme de reprise de «l’acquis», qui seront évalués périodiquement. Ces enveloppes n’ont pas encore été fixées avec précision car elles dépendront de l’adoption par l’UE du paquet de réformes — agriculture, aides régionales et perspectives financières — de «l’Agenda 2000». Celui-ci vient d’être approuvé par la Commission européenne et il sera présenté lundi pour la première fois par son président Jacques Santer aux ministres européens. Jeudi dernier, le Comité économique et social de l’UE a insisté pour «éviter toute décision qui déboucherait sur des conséquences financières insoutenables (pour l’UE), tant durant la phase préparatoire qu’après l’adhésion». Des évaluations non officielles des services communautaires ont chiffré le coût total de l’élargissement à 75 milliards d’écus (90 milliards USD). (AFP)
Le processus d’élargissement de l’UE entre dans sa phase pratique avec le lancement mardi des négociations d’adhésion avec les six candidats les plus avancés, au lendemain d’une réunion des Quinze avec l’ensemble des onze postulants. Une première réunion aura lieu lundi au niveau des ministres des Affaires étrangères, mais aura un caractère protocolaire et formel. «Elle a surtout pour but de montrer que le processus d’élargissement a un caractère global et que même les cinq pays qui ne sont pas compris dans la première vague de négociations (Bulgarie, Roumanie, Lituanie, Lettonie et Slovaquie) en font bien partie intégrante», souligne un responsable européen. Mardi, ce seront uniquement les ministres des cinq pays d’Europe de l’Est considérés comme les plus avancés (Hongrie, Pologne, République...
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