Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Incertitudes autour de la chute d'une base khmère rouge

L’incertitude régnait vendredi sur la chute du principal bastion des Khmers rouges dans l’extrême-nord du Cambodge, annoncée par le gouvernement de Phnom Penh mais démentie par les maquisards et l’armée thaïlandaise, tout comme sur le sort des dirigeants de la guérilla. La chute du camp rebelle n’a toujours pas été confirmée de source indépendante. Le chef d’état-major adjoint de l’armée cambodgienne, Meas Sophea, a réaffirmé vendredi que des transfuges khmers rouges s’étaient emparés de la base d’Anlong Veng et que les derniers maquisards battaient en retraite vers la frontière thaïlandaise, toute proche. «Nos troupes sont arrivées à Anlong Veng hier et nous sommes en train de dépêcher des renforts maintenant», a-t-il dit. Le co-ministre de la Défense, Tea Bahn, avait annoncé la veille à Phnom Penh qu’Anlong Veng était tombée à la suite d’une mutinerie de cinq divisions de la guérilla — soit plus de 4.000 maquisards et civils — qui auraient rallié, selon des transfuges khmers rouges, le camp gouvernemental. Toutefois, la radio khmère rouge, captée à Bangkok, a qualifié en début de matinée les affirmations de Tea Bahn de «propagande absurde» et de «guerre psychologique», et a «démenti catégoriquement» la perte d’Anlong Veng. «Tous les habitants khmers et toutes les forces de la résistance à Anlong Veng sont en train de se rassembler au nom de la solidarité nationale pour se battre énergiquement contre les communistes vietnamiens et leur fantoche Hun Sen (l’homme fort du Cambodge)», a affirmé la radio. Selon les renseignements militaires de Phnom Penh, la radio khmère rouge aurait été détruite jeudi après-midi à 14h30 locales (07h30 GMT) lors de la prise de la base. Toutefois, la radio a normalement diffusé sa deuxième émission quotidienne jeudi soir, et un nouveau programme vendredi matin. Anlong Veng est le principal bastion des dernières forces de la guérilla, estimées par les experts militaires occidentaux à quelque 2.000 combattants, sans compter leurs familles. La base est commandée par le chef militaire de la faction, Ta Mok, le No 1 politique Khieu Samphan et le stratège du mouvement, Nuon Chea, tous d’anciens compagnons de Pol Pot. Un officier de l’armée thaïlandaise, basé à la frontière et citant les renseignements militaires, a répété vendredi que «la situation est calme à Anlong Veng», située à une quinzaine de km de la frontière, assurant qu’«il n’y a pas eu de mutinerie jeudi». Il a également démenti que les chefs khmers rouges se soient enfuis vers la Thaïlande. L’annonce de la chute du camp survient au moment même où le co-premier ministre déchu, le prince Norodom Ranariddh, s’apprête à rentrer lundi à Phnom Penh pour prendre part à la campagne des élections de juillet, notent les observateurs. Le prince, exilé à Bangkok depuis juillet, a été accusé par son rival Hun Sen, l’homme fort du Cambodge, de collusion avec les Khmers rouges. Il a été condamné devant la justice militaire cambodgienne pour avoir fomenté un coup d’Etat avec la guérilla, avant d’être gracié par son père le roi Norodom Sihanouk. (AFP)
L’incertitude régnait vendredi sur la chute du principal bastion des Khmers rouges dans l’extrême-nord du Cambodge, annoncée par le gouvernement de Phnom Penh mais démentie par les maquisards et l’armée thaïlandaise, tout comme sur le sort des dirigeants de la guérilla. La chute du camp rebelle n’a toujours pas été confirmée de source indépendante. Le chef d’état-major adjoint de l’armée cambodgienne, Meas Sophea, a réaffirmé vendredi que des transfuges khmers rouges s’étaient emparés de la base d’Anlong Veng et que les derniers maquisards battaient en retraite vers la frontière thaïlandaise, toute proche. «Nos troupes sont arrivées à Anlong Veng hier et nous sommes en train de dépêcher des renforts maintenant», a-t-il dit. Le co-ministre de la Défense, Tea Bahn, avait annoncé la veille à...