Sergueï Kirienko est un libéral de 35 ans proche des réformateurs. Né le 27 juillet 1962, M. Kirienko est depuis lundi dernier premier ministre par intérim, nommé par décret par le président russe après le limogeage de Viktor Tchernomyrdine. Il était jusque-là, et depuis novembre dernier, ministre de l’Energie. Le numéro deux du Parti communiste russe, Valentin Kouptsov, a par avance déclaré son hostilité au jeune réformateur: «Pour la Douma, ce candidat ne passera pas, l’attitude de l’opposition de gauche sera négative», a-t-il averti. Boris Nemtsov lui-même, très proche de M. Eltsine, aurait proposé au président de confier à Kirienko l’intérim à la tête du cabinet. Jeudi, au cours du sommet informel russo-franco-allemand, Boris Eltsine a minimisé les conséquences du manque d’expérience politique de M. Kirienko. «C’est le cerveau, le professionnalisme, la connaissance des dossiers et pas l’âge (qui comptent...). Cela ne nous inquiète pas. L’essentiel est que la personne ait l’ensemble des connaissances et du savoir-faire que doit avoir un premier ministre». Mardi dernier, souriant et détendu pour sa première conférence de presse dans ses nouvelles fonctions, M. Kirienko, un homme plutôt petit au visage rond, a reconnu son manque d’expérience politique, affirmant que sa nomination avait été une «surprise totale». Déjà membre de l’équipe réformatrice, M. Kirienko a immédiatement trouvé grâce auprès du représentant du FMI à Moscou, Martin Gilman: «S’il devient premier ministre, le FMI ne voit pas de problèmes particuliers pour travailler avec le gouvernement», a déclaré M. Gilman, estimant que M. Kirienko connaissait bien la façon dont travaille le FMI. Ingénieur diplômé en 1984 de l’institut des chemins de fer de Gorki (qui a repris son nom pré-bolchevique de Nijni-Novgorod), Sergueï Kirienko a commencé sa carrière d’homme public comme secrétaire des Komsomols (Jeunesses communistes) des chantiers navals de Gorki, avant de prendre la direction de la banque «Garantie». C’est à Nijni-Novgorod qu’il rencontra Boris Nemtsov, figure emblématique des jeunes réformateurs et gouverneur de la région jusqu’à sa nomination au gouvernement en mars 1997. Nemtsov s’efforçait alors de faire de sa région une vitrine du nouveau libéralisme russe. Entré dans l’équipe de Nemtsov, Kirienko suivit l’ascension de son chef de file. En 1996, il fut brièvement nommé président de la société pétrolière par action de Nijni-Novgorod «Norsi-oil», avant d’être appelé à Moscou par son mentor, pour occuper le poste de premier vice-ministre de l’Energie. Lorsque, en novembre 1997, Boris Nemtsov, à l’issue d’une crise politique, perdit son poste de ministre de l’Energie — conservant cependant son titre de premier vice-premier ministre — il proposa tout naturellement à Kirienko de prendre sa place comme ministre titulaire. Depuis le mois de décembre, M. Kirienko était également président du collège des représentants de l’Etat au Conseil d’administration du monopole gazier Gazprom. Marié, Sergueï Kirienko est père de deux enfants. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Sergueï Kirienko est un libéral de 35 ans proche des réformateurs. Né le 27 juillet 1962, M. Kirienko est depuis lundi dernier premier ministre par intérim, nommé par décret par le président russe après le limogeage de Viktor Tchernomyrdine. Il était jusque-là, et depuis novembre dernier, ministre de l’Energie. Le numéro deux du Parti communiste russe, Valentin Kouptsov, a par avance déclaré son hostilité au jeune réformateur: «Pour la Douma, ce candidat ne passera pas, l’attitude de l’opposition de gauche sera négative», a-t-il averti. Boris Nemtsov lui-même, très proche de M. Eltsine, aurait proposé au président de confier à Kirienko l’intérim à la tête du cabinet. Jeudi, au cours du sommet informel russo-franco-allemand, Boris Eltsine a minimisé les conséquences du manque d’expérience politique...