Taper à l’ordinateur sans peine et sans clavier est à la portée de tous grâce aux logiciels montrés au salon informatique mondial CeBIT de Hanovre (nord de l’Allemagne) qui permettent d’écrire en dictant à son ordinateur, aussi naturellement qu’à une secrétaire, ou presque. Rédiger un compte rendu d’opération chirurgicale sans enlever les gants, explorer Internet en parlant à son PC ou taper rapidement une déclaration d’impôts ou un document juridique ultra-secret: les logiciels permettant de travailler sur ordinateur sans lever le petit doigt, et sans dactylo, encore absents au CeBIT 1997, ont fait un bond de géant en un an. Principale avancée: l’utilisateur peut désormais coucher sur le papier n’importe quel texte en le dictant à son rythme dans un micro sans devoir observer une pause à chaque mot. Une prouesse rendue possible par de nouveaux micro-processeurs décuplant la puissance de calcul et donc la rapidité de réaction des ordinateurs, comme le Pentium II ou le MMX du fabricant américain Intel. La machine peut fouiller en temps réel les tonnes de statistiques grâce auxquelles il est capable de comprendre les phrases et de les restituer avec la bonne orthographe. Elle doit en effet calculer la probabilité qu’un son accolé à un autre correspond à un mot, et pas un autre. Ce n’est pas une mince affaire en français où le nombre d’homophonies est plus élevé que dans d’autres langues, plus riches en phonèmes. Seule une analyse grammaticale permet de distinguer le sel en mer de la selle de cheval et des sels de bain. Pas de SVP «On peut parler à l’ordinateur comme à un être humain. Sauf la politesse, car il ne comprend pas les «s’il vous plaît», explique Salvator Vella, chef de produit chez Lernout et Hauspie. Cette firme belge annonce la sortie de son premier logiciel de dictée en continu, VoiceXpress, pour mi-avril. En anglais seulement dans un premier temps et pour 50 dollars environ la version de base. Lernout et Hauspie a suscité l’appétit du patron de Microsoft, Bill Gates, qui voit l’avenir en vocal et a acheté 8% de Lernout et Hauspie. Avantage par rapport aux logiciels déjà disponibles, VoiceXpress est censé tout comprendre en langage naturel, même les commandes. «On peut lui dire «souligne ceci» ou «inverse cela» sans avoir à connaître par cœur des formules de commande précises», vante M. Vella. «Pour le moment, je n’ai vu que des annonces et des prospectus», rétorque Uwe Lay, directeur commercial chez IBM. Le géant américain a lancé à l’automne ViaVoice et VoiceOffice, devancé de quelques mois par un autre américain, Dragon Systems, dont le produit Naturally Speaking existe déjà en six langues. «Il tape jusqu’à 160 mots par minute et bat la meilleure dactylo», assure un programmateur de Dragon, Marc Bouchet. Face à l’offensive commerciale annoncée par les Belges, il promet de nouveaux progrès. «Nous travaillons à rendre le temps d’entraînement de l’ordinateur – (une vingtaine de minutes indispensable pour qu’il s’adapte à la voix de son propriétaire) et nous cherchons à pouvoir enregistrer une conversation très vite et indépendamment du locuteur», explique-t-il. IBM travaille de son côté à un logiciel d’interprétariat, tapant et traduisant automatiquement ce qu’on lui dit. Un prototype encore imparfait est en démonstration au CeBIT. Malins, les fabricants de dictaphones comme Grundig ou Olympus ont sorti leurs premiers appareils compatibles avec la dictée continue. Ils permettent de coucher sur le papier des enregistrements réalisés loin de l’ordinateur, comme les paroles prononcées par un dormeur pendant son sommeil. A condition qu’il s’exprime distinctement. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Taper à l’ordinateur sans peine et sans clavier est à la portée de tous grâce aux logiciels montrés au salon informatique mondial CeBIT de Hanovre (nord de l’Allemagne) qui permettent d’écrire en dictant à son ordinateur, aussi naturellement qu’à une secrétaire, ou presque. Rédiger un compte rendu d’opération chirurgicale sans enlever les gants, explorer Internet en parlant à son PC ou taper rapidement une déclaration d’impôts ou un document juridique ultra-secret: les logiciels permettant de travailler sur ordinateur sans lever le petit doigt, et sans dactylo, encore absents au CeBIT 1997, ont fait un bond de géant en un an. Principale avancée: l’utilisateur peut désormais coucher sur le papier n’importe quel texte en le dictant à son rythme dans un micro sans devoir observer une pause à chaque mot....