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Actualités - Chronologie

Stop ! Racket Police ...

Dans la nuit, allongé dans un fauteuil de rotin, à la lueur d’une lampe à pétrole, un officier de police ivoirien collecte son obole: à chacun des barrages routiers installés entre la frontière ghanéenne et Abidjan, les transporteurs subissent un racket qui ne se cache plus. Il ne faudra pas moins de six heures au bus de la compagnie d’Etat ghanéenne (STC), roulant à bonne allure mais contraint de s’arrêter tous les 50 kilomètres pour parcourir les quelque 250 kilomètres qui séparent la frontière de la capitale économique ivoirienne. Au total, près de trois heures seront perdues en «négociations» avec les agents ivoiriens des douanes, de la police ou de la gendarmerie. Au départ d’Accra, en plus du prix du ticket de bus payable en cédis, la monnaie locale, STC exige le paiement en franc CFA, utilisé en Côte d’Ivoire, de 20 FF par personne, destiné au «road clearance» pour «dégager la voie». A bord du véhicule, Michaël, un employé de la STC parlant français, joue le rôle de «facilitateur». A chacun des barrages, il est chargé de discuter le prix du bakchich, avec en main les pièces d’identité des passagers, essentiellement ghanéens. Aucun barrage n’ayant entravé la circulation sur le territoire ghanéen excepté les formalités d’usage au poste frontière, son travail commence au premier poste de douane ivoirien, situé à environ 550 kilomètres d’Accra. Là, une vive discussion s’engage avec une commerçante ghanéenne qui refuse de payer 30.000 F CFA (300 FF) pour éviter de dédouaner ses marchandises et tente de faire réduire le prix. Après quasiment une heure de négociations, le chauffeur décidera finalement de la laisser à la frontière qui allait fermer pour la nuit. Tracasseries Le long de la route, la nuit tombée, les hommes en tenue, munis d’une lampe torche, intiment régulièrement aux véhicules de s’arrêter sur le bas côté. La fouille, extrêmement sommaire des bagages en soute, n’apparaît finalement que comme un prétexte à entamer une discussion avec le chauffeur, toujours accompagné du «facilitateur». «Ils prennent 10.000 FCFA (100 FF) à chaque passage, que ce soit des policiers, des gendarmes ou des douaniers. Il nous faut en moyenne 100.000 FCFA pour arriver à Abidjan», explique Michaël. Mais l’autre soir, le bus de la STC ne comptait guère qu’une trentaine de passagers et la collecte de départ s’est révélée trop faible. Une partie des heures de négociations portait sur la réduction du bakchich de 10.000 à 5.000 FCFA et les passagers ont dû remettre la main à la poche. A l’entrée d’Abidjan, ils ont finalement perdu patience et pris à partie un policier qui refusait de laisser partir le bus et demandait encore que l’on ouvre le coffre arrière. Il y a renoncé lorsqu’un voyageur lui a expliqué qu’il n’y trouverait que le moteur… A quelques centaines de mètres de la gare d’arrivée, le chauffeur ne se donne même pas la peine d’arrêter le moteur: il ouvre seulement la porte et jette un billet de 10.000 FCFA au policier qui n’en demande pas plus. A plusieurs reprises, le gouvernement ivoirien s’est engagé à lutter contre la corruption. Le président Henri Konan Bédié lui-même avait dénoncé il y a plusieurs mois «les racketteurs en uniforme qui ternissent l’image de la police». «Les Ivoiriens commencent à désespérer de vous», avait lancé aux policiers le ministre de la Sécurité, Marcel Dibonan Koné, en septembre dernier, en annonçant la création d’une police des polices. Quelques semaines avant, les transporteurs routiers du Burkina, du Mali, du Niger et de Côte d’Ivoire avaient observé quatre jours de grève pour protester contre les «tracasseries» policières. Une grève qui, apparemment, n’aura pas changé grand-chose. (AFP)
Dans la nuit, allongé dans un fauteuil de rotin, à la lueur d’une lampe à pétrole, un officier de police ivoirien collecte son obole: à chacun des barrages routiers installés entre la frontière ghanéenne et Abidjan, les transporteurs subissent un racket qui ne se cache plus. Il ne faudra pas moins de six heures au bus de la compagnie d’Etat ghanéenne (STC), roulant à bonne allure mais contraint de s’arrêter tous les 50 kilomètres pour parcourir les quelque 250 kilomètres qui séparent la frontière de la capitale économique ivoirienne. Au total, près de trois heures seront perdues en «négociations» avec les agents ivoiriens des douanes, de la police ou de la gendarmerie. Au départ d’Accra, en plus du prix du ticket de bus payable en cédis, la monnaie locale, STC exige le paiement en franc CFA, utilisé en...