Jérusalem vit depuis une semaine au rythme de deux fuseaux horaires, Israéliens et Palestiniens ayant étendu à la question de l’heure d’été leur séculaire conflit territorial. Hommes d’affaires, ouvriers et même amis se heurtent à des problèmes de rendez-vous depuis qu’Israël a avancé ses pendules d’une heure, le 20 mars, pour passer à GMT+3. Les Palestiniens, saisissant l’occasion de marquer leur indépendance, sont restés à l’heure d’hiver, GMT+2. Ainsi, lorsqu’il est midi pour les Palestiniens de Jérusalem-Est, il suffit de traverser la rue pour passer à Jérusalem-Ouest où il est déjà treize heures. Les milliers d’ouvriers palestiniens qui se rendent chaque jour au travail en Israël doivent se lever une heure plus tôt que les autres, pour arriver à temps chez leur employeur. Depuis l’«intifada» Les hommes d’affaires qui ont des rendez-vous des deux côtés de la ligne de démarcation doivent jongler fébrilement avec les horaires pour éviter d’être en avance ou en retard. «Cela a un impact certain, notamment pour la compensation des chèques», explique Mahmoud Abou Tinine, qui dirige la succursale de la Palestinian Commercial Bank à Ramallah en Cisjordanie. «Nous avons dû ajuster les horaires de travail de nos employés pour pouvoir effectuer à temps les transactions avec l’autre côté», a-t-il expliqué. L’industriel de l’alimentation Mazen Sounqrat explique que la différence d’horaires crée beaucoup de confusion pour le passage des marchandises entre Israël et les territoires. «Nos économies sont tellement imbriquées!», explique-t-il. Un habitant de Jérusalem-Est, Abou Darwiche, essaye de mettre les points sur les «i» lorsqu’il veut rencontrer des amis israéliens. «Nous leur disons «à telle heure de notre heure, pas celle d’Israël»», raconte-t-il. Interrogé sur l’horaire de la rencontre entre le secrétaire général de l’ONU Kofi Annan et le dirigeant palestinien de Jérusalem Fayçal Husseini, le porte-parole de ce dernier a indiqué: «A 18h30, heure palestinienne». Le gouvernement autonome palestinien devrait annoncer ce week-end, lors de sa prochaine réunion hebdomadaire, quel jour les Palestiniens vont passer à l’heure d’été. Cette pratique date de l’époque de l’«intifada», le soulèvement palestinien dans les territoires (1987-94). Les Palestiniens ont alors commencé à ne plus modifier leurs horaires en même temps que les Israéliens, afin de bien montrer qu’ils ne leur obéissent pas. Il arrivait à l’époque que des militaires israéliens vérifient les bracelets-montres de Palestiniens et punissent ceux qui étaient à «l’heure de l’«intifada»». Pour le banquier Abou Tinine, ce temps est révolu. «Les Palestiniens auraient intérêt à coordonner leurs changements d’horaire» avec Israël, l’économie palestinienne étant dans un état de totale dépendance vis-à-vis de l’israélienne, dit-il. Mais il semble que M. Abou Tinine devra attendre car, sur fond de blocage du processus de paix et de reprise du conflit israélo-palestinien, la pratique reste très populaire à Jérusalem-Est. «C’est un symbole de notre indépendance», explique M. Sounqrat. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Jérusalem vit depuis une semaine au rythme de deux fuseaux horaires, Israéliens et Palestiniens ayant étendu à la question de l’heure d’été leur séculaire conflit territorial. Hommes d’affaires, ouvriers et même amis se heurtent à des problèmes de rendez-vous depuis qu’Israël a avancé ses pendules d’une heure, le 20 mars, pour passer à GMT+3. Les Palestiniens, saisissant l’occasion de marquer leur indépendance, sont restés à l’heure d’hiver, GMT+2. Ainsi, lorsqu’il est midi pour les Palestiniens de Jérusalem-Est, il suffit de traverser la rue pour passer à Jérusalem-Ouest où il est déjà treize heures. Les milliers d’ouvriers palestiniens qui se rendent chaque jour au travail en Israël doivent se lever une heure plus tôt que les autres, pour arriver à temps chez leur employeur. Depuis...