Les congés de maternité sont rémunérés dans plus de 120 pays, mais pas aux Etats-Unis, en Australie et en Nouvelle-Zélande, pour ne citer que les exceptions les plus notables, constate le Bureau international du travail (BIT) dans un rapport publié à Genève. Mondialement, le taux d’activité des femmes est passé en un demi-siècle de 54% à 66% et il pourrait atteindre 70% en 2010. Le nombre de femmes travaillant «à l’âge de la maternité» a considérablement augmenté alors que, chaque année, 200 millions de grosses sont menées à terme, constate le rapport du BIT intitulé «La protection de la maternité au travail». Cinquante-neuf pour cent des femmes travaillant en Europe et 55% aux Etats-Unis contribuent à la moitié des revenus de leur ménage. En Europe, une femme sur quatre assure même la totalité du revenu familial et, mondialement, les femmes sont la principale source de revenus d’un ménage sur trois, selon l’agence spécialisées des Nations Unies. Le BIT constate de «réels progrès dans les mentalités et les législations». Il ajoute pourtant que «l’égalité dans le travail, partout proclamée, n’est pas pleinement réalisée». Il cite un rapport de parlementaires brésiliens affirmant que «de nombreux employeurs exigent en toute impunité des certificats de stérilisation de femmes en quête d’emploi». Au Royaume-Uni, une réclamation sur huit devant la commission de l’égalité des chances concerne des licenciements dans le contexte d’une grossesse. En Espagne, l’Union générale des travailleurs (UGT) prétend que des employeurs ont licencié des salariées parce qu’elles étaient enceintes. Des contrats à durée indéterminée ont été offerts à des travailleuses temporaires à condition de renoncer à leur droit en matière de maternité, selon l’UGT. Traitement défavorable Une étude auprès de 793 Chiliennes indique que 24% ont subi une forme ou une autre de traitement défavorable à leur travail (transfert, insultes, mises à l’écart, perte d’emploi) après une maternité. Un grand nombre de femmes employées dans des fermes et plantations est privé de la protection relative à la maternité, notamment en Turquie, au Yémen, aux Philippines, en Bolivie ou au Brésil. En Espagne, les travailleuses à temps partiel doivent justifier d’un horaire équivalent à 180 jours de travail pour avoir droit à leurs congés de mère. Les travailleuses à domicile ne bénéficient d’aucune protection en Argentine, au Swaziland ou encore en Turquie et aux Philippines. Il en va de même pour le personnel domestique féminin au Koweït, aux Emirats arabes unis, au Japon, au Cambodge. Le rapport dénombre six pays qui n’accordent aucune rémunération: aux Etats-Unis, un congé maternité non rémunéré de 12 semaines est en vigueur depuis 1993 dans les entreprises de plus de 50 salariés. Il est d’un an en Australie, 14 semaines en Nouvelle-Zélande, 12 au Swaziland et au Lesotho et 6 en Papouasie-Nouvelle-Guinée. Cent dix-neuf pays accordent au moins les 12 semaines de congé de maternité prévues par la Convention du BIT et 62 de ces pays octroient 14 semaines ou plus. Pour 31 pays, le congé légal reste en deçà de 12 semaines. Là où elle existe, la rémunération des prestations sociales et des congés de maternité est prise en charge par la sécurité sociale ou l’employeur, parfois par les deux. Le droit à des congés peut être fonction du nombre d’enfants, de la fréquence des naissances, de l’ancienneté dans une entreprise. Au Népal, les congés sont limités à deux accouchements et en Egypte, au Zimbabwe et à la Jamaïque à trois. Aux Bahamas et en Tanzanie, le congé de maternité n’est possible qu’une fois tous les trois ans. Il faut aussi une ancienneté minimale au service de l’employeur: 3 mois en suisse, six en Libye ou en Syrie, plus d’un an dans sept pays dont l’Australie et la Nouvelle-Zélande et deux ans en Gambie et en Zambie. (AFP)
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