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Actualités - Chronologie

Chantage à l'empoisonnement

L’Allemagne est victime depuis quelques semaines d’une véritable explosion des cas de chantage à l’empoisonnement, qui font de plus en plus d’émules au grand dam de l’industrie agro-alimentaire et des chaînes de magasins. «Nous vivons un boom actuellement», reconnaît Wolfgang Salewsky, chercheur à l’Institut de recherches sur la gestion des crises de Munich. Il estime «entre 150 et 200» par an en moyenne le nombre de tentatives de chantage exercées sur les entreprises, tous secteurs confondus. La police, elle, situe leur nombre entre 100 et 120 par an. Quasiment chaque jour apporte son lot de lettres de menaces ou de conserves empoisonnées. Le grand magasin Kaufhof de Stuttgart a dû retirer des rayons tous ses produits laitiers, qu’un inconnu menace d’empoisonner. La police de Limbourg vient de révéler une tentative d’extorsion de 100.000 marks (55.000 dollars) sur le supermarché Real de la ville. Et un chantage à l’empoisonnement des soupes Maggi a été rendu public à Mayence. Tout a commencé «il y a quatre ans environ», selon M. Salewsky, sans que personne prenne garde, au début, à la lente augmentation des tentatives de chantages, jusqu’à ce qu’elle s’engage sur une courbe exponentielle. Le maître-chanteur n’est toutefois pas une nouvelle spécialité allemande, selon lui. «Nous avons quatre cinq cas sérieux en ce moment dans toute l’Allemagne», juge-t-il. Le reste? «Un phénomène de mode», largement alimenté, selon lui, par les médias qui donnent de mauvaises idées aux petits malins. Impression de pouvoir Pour beaucoup de rançonneurs en herbe, la menace à l’extorsion de fonds est «comme un rêve, qu’ils ne vont pas concrétiser», renchérit Christian Pfeiffer, de l’Institut de criminologie de Basse-Saxe. Il en veut pour preuve la brièveté des affaires. «La majorité des maîtres-chanteurs laissent tomber leurs exigences après le premier contact, car ils se rendent compte que c’est dangereux», souligne Dirk Buechner, porte-parole de la police criminelle fédérale (Bundeskriminalamt, BKA). «C’est plus facile d’écrire une lettre de menaces que de braquer une banque», renchérit M. Pfeiffer. Il dresse un portrait-robot du maître-chanteur: un homme de 30 à 50 ans, «en difficultés financières à cause de dettes ou d’une faillite», ou bien un marginal «qui a perdu pied avec la société». «Ce sont des gens qui souffrent d’un sentiment d’impuissance et qui ont une énorme impression de pouvoir quand ils voient qu’on vide des rayons dans toute l’Allemagne après leurs menaces», ajoute-t-il. Car les chantages alimentaires ont toujours une résonance considérable et immédiate, et l’émotion a été très forte lorsque des inconnus ont annoncé avoir empoisonné de la bouille pour bébé Alete, en janvier, ou des pots de confiture Schwartau, en décembre. Ces menaces, bien que vite abandonnées, coûtent cher aux entreprises: le groupe Nestlé a reconnu avoir accusé un manque à gagner compris «entre 20 et 50 millions de marks» (15,6 et 29,4 millions de dollars) à la suite d’un spectaculaire chantage exercé depuis août 1996, quand les inconnus ont commencé à empoisonner au cyanure des pots de moutarde et de mayonnaise de sa filiale Thomy. Mais, les chantages dont aussi des heureux, comme Peter Bensmann, représentant en Allemagne des assurances britanniques Hiscox. Pour ce courtier, offrant aux entreprises de les couvrir contre les risques liés aux chantages, «les affaires marchent bien» et devraient «progresser de 60% par an environ». (AFP)
L’Allemagne est victime depuis quelques semaines d’une véritable explosion des cas de chantage à l’empoisonnement, qui font de plus en plus d’émules au grand dam de l’industrie agro-alimentaire et des chaînes de magasins. «Nous vivons un boom actuellement», reconnaît Wolfgang Salewsky, chercheur à l’Institut de recherches sur la gestion des crises de Munich. Il estime «entre 150 et 200» par an en moyenne le nombre de tentatives de chantage exercées sur les entreprises, tous secteurs confondus. La police, elle, situe leur nombre entre 100 et 120 par an. Quasiment chaque jour apporte son lot de lettres de menaces ou de conserves empoisonnées. Le grand magasin Kaufhof de Stuttgart a dû retirer des rayons tous ses produits laitiers, qu’un inconnu menace d’empoisonner. La police de Limbourg vient de révéler une...