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Actualités - Chronologie

Cheval blanc pour deux

La vente du célèbre cru de Saint-Emilion, Château Cheval-Blanc (sud-ouest de la France), à des hommes d’affaires belge et français, a atteint le montant de 800 millions de francs (145 millions de dollars), soit l’une des plus grosses transactions de l’histoire du vignoble bordelais. Au terme de cette transaction, qui est dans sa phase finale, Château Cheval-Blanc, premier grand cru classé A de Saint-Emilion, sera vendu à parts égales au financier belge Albert Frère et à l’industriel français Bernard Arnault pour plus de 800 MF. Le montant de cette vente confirme que les propriétés suivent la bouteille, dans la flambée des prix du bordeaux. Cheval-Blanc est à plus d’un titre une exception dans les vins exceptionnels. Une grande diversité de terrains — 35,5 hectares de graves, argiles ou crasses de fer — et des vignes amoureusement entretenues dont l’âge moyen est de 40 ans, produisent «un vin d’un cachet particulier qui fait qu’on le reconnaît toujours, et qu’on le recherche de plus en plus», note sobrement le «Féret», guide de référence sur Bordeaux et ses vins. Le prix élevé consenti par les deux acheteurs s’inscrit dans le droit fil des grandes ventes récentes de l’année, notamment Cos D’estournel (Saint Estèphe), une vente estimée à environ 600 MF, et dans une gamme plus modeste, Haut Bailly (Cru classé de Graves), parti sans négociation à 180 MF. A titre d’exemple, Château Canon, autre grand Saint-Emilion, avait été vendu à Chanel environ 100 MF en 1996 avec, il est vrai, une superficie de vignes inférieure à 20 ha. «Il y a une corrélation évidente entre l’augmentation des prix du foncier et celle des prix du vin», note l’analyste Philippe Ravier, de la banque française Société Générale. Or depuis deux ans, les prix des bordeaux, gonflés par les ventes à l’étranger, ont augmenté de 30 à 40 %, selon les estimations du négoce. «Le prix des propriétés suit, avec un peu de retard, celui du vin», note le Britannique Charles Eve, directeur du Château Loudenne (Médoc), qui appartient au groupe Diageo. «On est en haut de la vague pour le prix des propriétés, après la dépression de 1992-93 qui avait suivi les mauvaises récoltes de 1991 et 1992», ajoute-t-il. Avec Cheval-Blanc, estiment par ailleurs les spécialistes, Albert Frère et Bernard Arnault réalisent «un achat de prestige», qui ne vise en rien une rentabilité qui ne se situe qu’entre 2 et 5 %. «A ce prix, c’est une opération qui ressemble à l’achat d’une oeuvre d’art», explique Philippe Ravier.
La vente du célèbre cru de Saint-Emilion, Château Cheval-Blanc (sud-ouest de la France), à des hommes d’affaires belge et français, a atteint le montant de 800 millions de francs (145 millions de dollars), soit l’une des plus grosses transactions de l’histoire du vignoble bordelais. Au terme de cette transaction, qui est dans sa phase finale, Château Cheval-Blanc, premier grand cru classé A de Saint-Emilion, sera vendu à parts égales au financier belge Albert Frère et à l’industriel français Bernard Arnault pour plus de 800 MF. Le montant de cette vente confirme que les propriétés suivent la bouteille, dans la flambée des prix du bordeaux. Cheval-Blanc est à plus d’un titre une exception dans les vins exceptionnels. Une grande diversité de terrains — 35,5 hectares de graves, argiles ou crasses de fer — et...