L’Afrique sub-saharienne a connu l’émergence de nouveaux conflits majeurs en 1998, souligne l’Institut international des études stratégiques. Au total, «plus d’un quart de l’ensemble des 44 États de la région» sont impliqués dans des conflits armés et, «pour beaucoup, aucune issue ne semble en vue», estime l’IISS. Une guerre frontalière entre l’Érythrée et l’Éthiopie a éclaté en mai 1998, avant de déborder sur le Soudan à la mi-juin 98. Dans le sud-ouest du Sénégal, la rébellion indépendantiste de Casamance, qui dure depuis seize ans, a connu un regain d’activités début 1998 tandis qu’une rébellion d’une partie de l’armée éclatait en juin en Guinée-Bissau, rappelle l’IISS. L’Institut note que «malgré des accords de paix formels et des cessez-le-feu» dans les conflits internes d’Angola, du Liberia, de la République de Centrafrique, du Tchad, de la République du Congo-Brazzaville et de la République démocratique du Congo (RDC), «les combats se sont poursuivis». L’IISS relève également la persistance de combats dans le sud de la Somalie et d’affrontements violents entre forces de sécurité gouvernementales et minorités (politiques, ethniques ou criminelles) au Kenya, aux Comores et en Guinée Equatoriale. L’influence du Nigeria et de l’Afrique du Sud, les deux poids lourds économiques de la région, «reste bien en-dessous de leur potentiel», selon l’IISS qui note qu’à la mi-1998, le Nigeria s’est trouvé «en danger d’éclatement le long des frontières ethniques, en raison de l’absence d’une direction politique unifiée». En Afrique du Sud, «les menaces de sécurité interne» nécessitent de «se pencher immédiatement» sur la réorganisation des Forces de défense sud-africaine (SANDF), dont les effectifs doivent passer de 80 000 en 1997 à 24 000 entre 1998 et 2001. L’ensemble de la région de l’Afrique sub-saharienne a dépensé dans le secteur de la défense en 1997 quelque 8,8 milliards de dollars, en légère augmentation par rapport à l’année précédente. Cette somme représente environ 3,3% du produit intérieur brut (PIB) régional, selon les estimations du rapport de l’IISS. Hausse du budget de la défense Les coûts militaires directs de l’extension des conflits internes ont entraîné «au moins 800 millions de dollars» de suppléments de dépenses. L’Afrique du Sud représente plus d’un quart de l’ensemble des dépenses de défense de la région, suivie par le Nigeria, avec 20 pour cent. Alors qu’en Afrique du Sud, les dépenses sont allées en diminuant par rapport à 1997 – elles ont baissé en termes réels d’environ 40% depuis 1989 –, elles ont globalement augmenté dans l’ensemble du reste de la région. La plus importante livraison de matériel militaire en 1997 porte sur des avions de combat Mig-23, des hélicoptères Mi-17 et de l’artillerie lourde fournis par la Russie à l’Angola en septembre. L’IISS note dans la région l’existence d’un large commerce, légal et illégal, d’armement recyclé en provenance des zones d’anciens conflits. En 1997, l’Afrique du Sud a exporté de l’équipement militaire vers le Congo-Brazzaville, le Togo, l’Erythrée, la RDC, l’Ouganda et le Rwanda. La Russie reste le principal fournisseur des forces gouvernementales en Angola, alors que les forces d’opposition de l’UNITA sont approvisionnées par d’autres pays d’Europe de l’est. Le Zimbabwe a fourni de grandes quantités d’armes aux forces du président Laurent-Désiré Kabila en RDC, ainsi qu’à l’Ouganda. Enfin, le Tchad et la Tanzanie ont servi en 1997 d’intermédiaires pour les ventes d’armes chinoises au Soudan, en Centrafrique, en RDC, au Burundi, ainsi qu’aux rebelles hutus du Rwanda et du Burundi basés au Kenya.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats L’Afrique sub-saharienne a connu l’émergence de nouveaux conflits majeurs en 1998, souligne l’Institut international des études stratégiques. Au total, «plus d’un quart de l’ensemble des 44 États de la région» sont impliqués dans des conflits armés et, «pour beaucoup, aucune issue ne semble en vue», estime l’IISS. Une guerre frontalière entre l’Érythrée et l’Éthiopie a éclaté en mai 1998, avant de déborder sur le Soudan à la mi-juin 98. Dans le sud-ouest du Sénégal, la rébellion indépendantiste de Casamance, qui dure depuis seize ans, a connu un regain d’activités début 1998 tandis qu’une rébellion d’une partie de l’armée éclatait en juin en Guinée-Bissau, rappelle l’IISS. L’Institut note que «malgré des accords de paix formels et des cessez-le-feu» dans les conflits internes...