La Russie souffre d’un déficit chronique en officiers supérieurs et en fonds qui menace le maintien du niveau de ses armées, y compris les forces nucléaires, pourtant ultraprioritaires, rapporte l’Institut international d’études stratégiques (IISS). Les Russes «éprouvent les pires difficultés à conserver leurs officiers hautement qualifiés et particulièrement les plus jeunes, dont ils ont pourtant grandement besoin», écrit l’IISS dans son rapport. Les contrats d’engagement de la plupart des officiers arrivent à échéance à la fin de cette année, «et tout indique que 40 à 50% d’entre eux ne sont pas disposés à rempiler», prévoit l’Institut dans sa nouvelle revue particulièrement alarmiste de l’ex-armée rouge. En 1999, 19 000 officiers manqueront à l’appel dans les régiments d’infanterie mécanisée et les unités d’artillerie, notamment. L’hémorragie de cadres hypothèquerait «le plan ambitieux» qui vise à abandonner la conscription, et à réduire les effectifs pour créer d’ici 2005 une armée professionnelle. Même si le Parlement approuve le traité SALT II de réduction des armes nucléaires, qui limiterait à 2 300 le nombre de têtes nucléaires russes «il sera très difficile de maintenir opérationnel l’arsenal ainsi plafonné», relève l’IISS. D’ores et déjà indique l’Institut, l’armée russe a prouvé depuis le mois de mai 1998 qu’elle était incapable de maintenir plus de trois mois en patrouille un seul sous-marin à propulsion nucléaire équipé de missiles balistiques, un manquement sans précédent depuis le déploiement de sa force sous-marine en 1960. Plus généralement, «l’état général de préparation au combat des troupes continue de décliner», à l’exception du contingent dépêché dans l’ex-Yougoslavie dans le cadre de la Force de stabilisation de l’Otan (SFOR). «Les capacités opérationnelles des pilotes demeurent particulièrement faibles en raison du manque d’heures d’entraînement dû à la pénurie de carburant et au petit nombre d’avions en état de voler». Pour parachever le tableau, l’ardoise du ministère de la Défense – de l’ordre de 100 milliards de roubles – ne cesse de s’alourdir, avec des dettes qui concernent aussi bien les fournisseurs d’armes et de munitions que les pourvoyeurs de rations alimentaires ou d’électricité. Quant à l’industrie de défense, elle a vu le nombre de ses employés plonger de 7 à 2,5 millions depuis l’éclatement du bloc soviétique. Pareil déclin n’empêche pas le ministère de la Défense de maintenir des effectifs pléthoriques dans les bureaux d’études et usines d’armement, par crainte du retour de manivelle que pourrait engendrer des licenciements massifs.
La Russie souffre d’un déficit chronique en officiers supérieurs et en fonds qui menace le maintien du niveau de ses armées, y compris les forces nucléaires, pourtant ultraprioritaires, rapporte l’Institut international d’études stratégiques (IISS). Les Russes «éprouvent les pires difficultés à conserver leurs officiers hautement qualifiés et particulièrement les plus jeunes, dont ils ont pourtant grandement besoin», écrit l’IISS dans son rapport. Les contrats d’engagement de la plupart des officiers arrivent à échéance à la fin de cette année, «et tout indique que 40 à 50% d’entre eux ne sont pas disposés à rempiler», prévoit l’Institut dans sa nouvelle revue particulièrement alarmiste de l’ex-armée rouge. En 1999, 19 000 officiers manqueront à l’appel dans les régiments d’infanterie...
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