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Actualités - Chronologie

L'UE prépare la facture de l'élargissement vers l'Est

Des baisses radicales des prix agricoles et une réduction des aides pour de nombreuses régions pauvres des Quinze: la Commission européenne présentera mercredi la facture de l’élargissement de l’Union actuelle vers l’Est. La Commission n’a guère la possibilité de se montrer généreuse dans les propositions qu’elle présentera pour le financement de l’Union de 2000 à 2006, période pendant laquelle les premiers pays de l’Est devraient rejoindre les Quinze. Ces derniers l’ont en effet obligée à agir dans le cadre du pacte de stabilité conclu pour éviter tout dérapage budgétaire dans l’euro: le plafond actuel des dépenses communautaires — 1,27% du Produit intérieur brut (PIB) — ne peut être dépassé, alors que des pays pauvres et largement agricoles adhéreront. Certains pays riches de l’Union, Allemagne et Pays-Bas en tête, exigent même une réduction de leur contribution budgétaire et estiment que les quatre Etats membres les plus pauvres — Espagne, Portugal, Grèce et Irlande — ne peuvent prétendre à autant d’aide structurelle que pendant les dix dernières années. Enfin, la Commission craint une explosion de la production agricole sous le double impact de l’augmentation des rendements et de l’intégration de pays largement ruraux, comme la Pologne, et estime dès lors qu’une réforme de l’Europe verte s’impose. Cette dernière passe d’abord par une baisse radicale des prix afin d’accroître la compétitivité des produits européens, d’éviter des conflits avec l’Organisation mondiale du commerce (OMC), qui n’aime guère les subventions, et de contrôler les dépenses, qui représentent la moitié du budget de l’UE. Aider les petits exploitants Selon de hauts responsables de la Commission, la baisse des prix, qui entrerait en vigueur au début de la campagne 2000-2001, serait de 20% d’un coup pour les céréales, de 30% étalés en trois ans pour la viande bovine et 15% en quatre étapes pour la poudre de lait et le beurre. La baisse des prix des céréales serait partiellement compensée, mais l’obligation de gel des terres serait supprimée. Dans le secteur de la viande bovine, essentiel pour l’aménagement du territoire dans la mesure où les petits éleveurs sont menacés, les Etats membres se verraient attribuer la responsabilité de distribuer eux-mêmes environ 30% de l’imposante enveloppe européenne des aides à l’élevage. Les critiques affirment qu’il s’agit d’une renationalisation de l’Europe verte, les partisans d’une redistribution du soutien vers les petits exploitants saluent l’initiative. Les quotas laitiers seraient augmentés de 2% — la moitié pour les jeunes et l’autre moitié pour les producteurs de montagne — afin de compenser un peu la réduction des prix. Enfin, les aides seraient dégressives: un agriculteur recevant plus de 200.000 écus par an de Bruxelles verrait par exemple ses primes réduites de 25% au-delà de ce seuil. La manne baisse Outre la préparation à l’élargissement, l’objectif global de la réforme est d’opérer une différenciation entre les grands producteurs, qui devront aller sans subventions sur le marché mondial, et les petits exploitants, qui seront mieux aidés. Ces propositions devraient rencontrer l’opposition des groupes de pression agricoles et de nombreux Etats membres, qui ont déjà réagi très négativement aux premières esquisses. La réforme des «fonds structurels» d’aide aux régions pauvres, deuxième poste de dépenses de l’Union européenne après l’agriculture, devrait être tout aussi polémique. La Commission propose de dépenser 275 milliards d’écus entre 2000 et 2006 pour réduire l’écart entre pays riches et pauvres, dont 45 milliards d’écus pour les pays de l’Est. Ces derniers absorberont ainsi quelque 17% des fonds structurels, alors qu’ils n’auront droit qu’à 5% du budget de la Politique agricole commune (PAC), ce qui fait dire aux actuels pays pauvres de l’UE qu’ils paieront l’élargissement. Cela paraît vrai pour les régions qui faisaient partie du très généreux objectif I des fonds réservés aux pays en retard structurel de développement, alors même que leur PIB était légèrement supérieur au seuil de 75% du PIB moyen des Quinze. La Corse, le Hainaut belge, Berlin-Est ou l’Irlande, qui est devenue, notamment grâce à l’aide de l’Europe, plus riche par habitant que le Royaume-Uni, seront ainsi exclus de cette manne, même si l’atterrissage sera progressif. Ces régions seraient assurées d’obtenir en 2000 et 2001 le même niveau d’aide qu’en 1999, dernière année du système actuel, la réduction se faisant sentir à partir de 2002 seulement. La Commission suggère aussi une réforme du fonctionnement des fonds: les pays qui ne concrétisent pas leurs projets dans les deux ans perdraient le droit aux montants non dépensés — 23 milliards d’écus au total à l’heure actuelle — et les Etats membres seront plus directement responsables de leur gestion. (Reuters)
Des baisses radicales des prix agricoles et une réduction des aides pour de nombreuses régions pauvres des Quinze: la Commission européenne présentera mercredi la facture de l’élargissement de l’Union actuelle vers l’Est. La Commission n’a guère la possibilité de se montrer généreuse dans les propositions qu’elle présentera pour le financement de l’Union de 2000 à 2006, période pendant laquelle les premiers pays de l’Est devraient rejoindre les Quinze. Ces derniers l’ont en effet obligée à agir dans le cadre du pacte de stabilité conclu pour éviter tout dérapage budgétaire dans l’euro: le plafond actuel des dépenses communautaires — 1,27% du Produit intérieur brut (PIB) — ne peut être dépassé, alors que des pays pauvres et largement agricoles adhéreront. Certains pays riches de l’Union,...