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Actualités - Chronologie

Le SPD veut faire tomber Kohl avec des images et un contenu

Le Parti social-démocrate (SPD) a installé pour la première fois son QG électoral hors de son siège, à Bonn, avec l’intention de mener une campagne hyper-médiatique inspirée du modèle anglo-saxon, en phase avec son candidat, le très télégénique Gerhard Schroeder. «L’avantage, c’est que tous les gens importants du parti, du groupe parlementaire, des Laender (Etats régionaux), notre agence de publicité et notre institut de sondage sont réunis dans un lieu unique», explique le grand stratège de la campagne, le secrétaire général du SPD, Franz Muentefering. A six mois du jour J, le 27 septembre, une soixantaine de collaborateurs (cadres du parti, politologues, historiens ou journalistes) sont déjà à pied d’œuvre, dans un immeuble de bureaux baptisé «Kampa», le long de l’interminable avenue qui borde le quartier gouvernemental à Bonn. Impossible d’oublier les adversaires politiques: l’endroit ménage une vue imprenable sur le siège de l’Union chrétienne-démocrate (CDU) du chancelier Helmut Kohl. On aperçoit même la chancellerie tant convoitée. Téléphone, mailings, meetings «très fortement orientés vers la télévision et les médias», précise Franz Muentefering, Internet et même Intranet, le SPD fait feu de tout bois pour détrôner Helmut Kohl. Chaque jour, le secrétaire général prêche la bonne parole sur le site Intranet auquel accèdent un millier de permanences du parti dans toute l’Allemagne. Les avantages, selon M. Muentefering: «Communiquer sans être observé de l’extérieur et tout en économisant temps et argent». Le SPD n’avait pas attendu la désignation de son candidat, Gerhard Schroeder, le soir même de son triomphe électoral en Basse-Saxe du 1er mars, pour prendre conseil aux meilleures sources. «Fighting spirit» Hank Sheinkopf, l’un des hommes-clefs de la campagne de Bill Clinton, est même venu livrer à Bonn quelques secrets de fabrication des meetings et des prestations télévisées du président américain et insuffler un peu de son fameux «fighting spirit». Aujourd’hui ministre de Tony Blair après avoir été l’artisan de sa campagne, Peter Mandelson est quant à lui un habitué du SPD. On lui prête la formule de la «princesse du peuple», après la mort de Diana, employée par le premier ministre britannique et qui a fait le tour du monde. Gerhard Schroeder a aussi son éminence grise, Bodo Hombach. A quatre reprises, en Basse-Saxe comme ailleurs, il a permis au SPD de remporter la majorité absolue. L’homme d’affaires a bien sûr rejoint l’état-major de la «Kampa». Le SPD a dépêché des observateurs en Grande-Bretagne, aux Etats-Unis, aux Pays-Bas, en Suède et en France. «Lionel Jospin est allé au-devant des gens et de leurs préoccupations, signe qu’avec seulement des images, on ne parvient à rien et qu’il faut aussi un contenu», relève Franz Muentefering. Mais, la campagne du SPD est adaptée aux particularismes allemands. A côté des départements habituels d’un QG électoral, comme les relations avec la presse, la coordination des meetings ou les finances, on trouve plusieurs nouveautés. Un «observatoire des adversaires» s’intéresse à la CDU ou à son allié libéral (FDP), mais aussi aux Verts, partenaires probables du SPD en cas de victoire. «Les concurrents les plus importants seront observés systématiquement avec leurs forces, leurs faiblesses et les sujets qu’ils abordent», confie le secrétaire général du SPD. L’accent sera mis aussi sur l’ex-RDA, dotée de son propre département, baptisé «campagne Est». «Il n’y aura pas deux campagnes, l’une pour l’Ouest et l’autre pour l’Est, mais il y a des thèmes qui sont très importants en Allemagne de l’Est comme le logement ou la propriété des sols», détaille M. Muentefering. Dans 32 circonscriptions, la campagne du SPD commencera dès la mi-avril. Quatre ans plus tôt, le SPD avait gagné ou perdu ces sièges de justesse. Dans la circonscription de Ludwigshafen (sud-ouest), l’adversaire a pour nom Helmut Kohl. «A lui comme aux autres, nous mènerons la vie dure», promet Franz Muentefering. (AFP)
Le Parti social-démocrate (SPD) a installé pour la première fois son QG électoral hors de son siège, à Bonn, avec l’intention de mener une campagne hyper-médiatique inspirée du modèle anglo-saxon, en phase avec son candidat, le très télégénique Gerhard Schroeder. «L’avantage, c’est que tous les gens importants du parti, du groupe parlementaire, des Laender (Etats régionaux), notre agence de publicité et notre institut de sondage sont réunis dans un lieu unique», explique le grand stratège de la campagne, le secrétaire général du SPD, Franz Muentefering. A six mois du jour J, le 27 septembre, une soixantaine de collaborateurs (cadres du parti, politologues, historiens ou journalistes) sont déjà à pied d’œuvre, dans un immeuble de bureaux baptisé «Kampa», le long de l’interminable avenue qui borde...