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Actualités - Biographies

Li Peng invulnérable, malgré le fantôme de Tiananmen

Li Peng est le seul homme politique chinois à avoir réussi à se maintenir au sommet du pouvoir depuis onze ans malgré le cataclysme provoqué par le massacre de Tiananmen. Haï par les dissidents qui manifestaient au printemps 1989 en faveur de la démocratie, vilipendé par une partie de la presse occidentale, chahuté lors de ses voyages à l’étranger, beaucoup dans son cas auraient abandonné la partie. Mais Li Peng, 69 ans, est de la race des battants, qui semblent puiser leur énergie dans l’affrontement. En 1993, alors qu’il disparaît pendant six mois à la suite d’une attaque cardiaque, certains annoncent la fin de sa carrière politique. A son retour au pouvoir, ses détracteurs affirment qu’il prendra sa retraite en 1998 à l’expiration de son deuxième mandat de premier ministre. C’est finalement Qiao Shi, président du Parlement et numéro trois au parti, qui est contraint de se retirer et de céder sa place à Li Peng. «Il a défié tous les pronostics sur sa capacité à s’accrocher au pouvoir», a commenté un diplomate occidental. Membre du tout puissant comité permanent du bureau politique depuis 1987, il est le seul haut dirigeant de ce club très fermé à avoir réussi à survivre à toutes les crises qui ont secoué le parti au cours de la dernière décennie. L’origine de cette longévité politique exceptionnelle se trouve peut-être dans son enfance et son adolescence, passée dans l’ombre du plus fin politicien qu’ait connu le régime communiste chinois. Né en octobre 1928 à Chengdu, dans la province du Sichuan (sud-ouest), Li Peng est en effet recueilli à l’âge de 3 ans par l’ancien premier ministre Chou Enlai après la mort de son père, «martyr de la Révolution». Il adhère au Parti communiste à l’âge de 17 ans et part à Moscou en 1948, pour y faire des études d’ingénieur. Après sept ans d’absence, il rentre en Chine, pour travailler dans le secteur de l’énergie. Pendant la tourmente de la Révolution culturelle (1966-76), l’influence de sa famille adoptive lui évite d’être jeté en pâture aux Gardes rouges. 1979 marque le début de son ascension dans la hiérarchie du parti et du gouvernement. Il devient ministre de l’Energie, puis vice-premier ministre en 1983 et fait son entrée au bureau politique en 1985. Deux ans plus tard, il se voit confier le poste de premier ministre par intérim et est confirmé dans cette fonction en 1988. Au printemps 1989, lorsque les étudiants massés sur la place Tiananmen refusent de mettre fin à leurs manifestations, il prône la fermeté au côté de Deng Xiaoping. «C’était nécessaire pour éviter de voir la Chine connaître une situation pire encore que celle de l’ex-URSS», affirme-t-il encore aujourd’hui. Mais le fantôme de Tiananmen continue de hanter la carrière de Li Peng. Plusieurs dizaines de pétitions signées de dissidents en Chine et à l’étranger et d’organisations de défense des droits de l’homme ont protesté contre l’élection au Parlement d’un homme qui a «du sang sur les mains». (AFP)
Li Peng est le seul homme politique chinois à avoir réussi à se maintenir au sommet du pouvoir depuis onze ans malgré le cataclysme provoqué par le massacre de Tiananmen. Haï par les dissidents qui manifestaient au printemps 1989 en faveur de la démocratie, vilipendé par une partie de la presse occidentale, chahuté lors de ses voyages à l’étranger, beaucoup dans son cas auraient abandonné la partie. Mais Li Peng, 69 ans, est de la race des battants, qui semblent puiser leur énergie dans l’affrontement. En 1993, alors qu’il disparaît pendant six mois à la suite d’une attaque cardiaque, certains annoncent la fin de sa carrière politique. A son retour au pouvoir, ses détracteurs affirment qu’il prendra sa retraite en 1998 à l’expiration de son deuxième mandat de premier ministre. C’est finalement Qiao Shi,...