Des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD), réunis hier à Djibouti, se pencheront sur les moyens de réactiver leur initiative en Somalie après les vives critiques adressées à l’Egypte par leurs ministres des Affaires étrangères. Le sommet doit entériner les recommandations du Conseil ministériel de l’IGAD, réuni samedi et dimanche dans la capitale djiboutienne. Dans un communiqué rendu public hier, les chefs de la diplomatie de l’IGAD ont accusé l’Egypte, sans la nommer, d’assumer une grande part de responsabilité dans le blocage des efforts de paix en Somalie. «La prolifération des initiatives et le manque de détermination de la part des chefs des factions somaliens sont à l’origine des défits auxquels fait face l’initiative de l’IGAD en Somalie», affirme le communiqué. L’Egypte avait parrainé de longues négociations inter-somaliennes qui ont débouché sur la signature le 22 décembre de l’accord du Caire qui prévoyait la tenue le 15 février à Baïdoa d’une conférence de réconciliation nationale, mais celle-ci a été reportée à plusieurs reprises. Le Conseil de Sécurité des Nations Unies, l’Organisation de l’unité africaine (OUA) et la Ligue arabe avaient soutenu, fin décembre, l’accord du Caire. Le 13 janvier, le Conseil national de salut (NSC) regroupant 26 factions dont celle du chef de guerre Ali Mahdi Mohammed avait signé à Addis-Abeba un amendement à cet accord, portant notamment sur la composition des délégations devant participer à la conférence de Baïdoa et demandant à l’un des principaux chefs de faction somaliens, Hussein Aïdid, d’évacuer rapidement Baïdoa, ce qu’il n’a pas fait. Hussein Aïdid, proche du Caire, n’a pas signé ce nouveau texte. Il a répété à plusieurs reprises qu’il ne signerait aucun texte élaboré sous l’égide de l’Ethiopie. Les chefs de diplomatie de l’IGAD, qui regroupe 7 pays d’Afrique de l’Est, ont souligné que le processus de paix en Somalie doit avoir pour «base» les amendements décidés par la réunion du NSC. Le Conseil ministériel de l’IGAD s’est cependant déclaré ouvert à la contribution d’autres pays au processus de paix en Somalie à condition qu’ils s’abstiennent de s’engager dans des initiatives parallèles. Ils ont ainsi proposé à ces pays de faire partie d’un «sous-comité sur la Somalie dans le cadre du Forum des partenaires de l’IGAD» créé en 1996 et regroupant 15 pays sous la présidence de l’Italie. «Le sous-comité permettra à ceux qui souhaitent contribuer au processus de paix de faire entendre leur voix sans lancer leur propre initiative, l’expérience ayant prouvé que celle-ci fait plus de mal que le bien», a souligné le communiqué dans une allusion claire à l’Egype. Les chefs de diplomatie de l’IGAD ont décidé également de s’adresser au secrétaire général de l’ONU et au Conseil de Sécurité pour leur demander de mettre en place «un fonds de soutien à la paix en Somalie». Ils ont appelé à «une conférence internationale sous les auspices de l’IGAD pour maximaliser l’appui de la communauté internationale à la paix en Somalie». Le président kenyan Daniel arap Moi préside ce sommet auquel assistent les chefs d’Etat érythréen Isaias Afeworki et djiboutien Hassan Gouled Aptidon, ainsi que le premier ministre éthiopien Meles Zenawi et le vice-président soudanais Ali Osmane Mohammed Taha. L’Ouganda est représenté au niveau ministériel. Le président de la République autoproclamée de Somaliland, Mohamed Ibrahim Egal, se trouve à Djbouti mais n’assiste pas aux réunions. «Je suis là pour prendre contact avec les chefs d’Etat en marge du sommet car nous voulons être reconnus et acceptés. Nous voulons faire partie de cette région», a-t-il dit. Ravagée par la guerre civile depuis sept ans et sans pouvoir central, la Somalie n’est plus représentée dans les instances régionales et internationales. (AFP)
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