Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Une longue bataille juridique en perspective (photos)

Une longue bataille juridique à l’issue incertaine a débuté dimanche en vue de l’extradition puis du procès pour «génocide» en Espagne du général Augusto Pinochet, l’ancien dictateur chilien piégé dans une clinique londonienne par deux juges madrilènes, alors qu’à Santiago se poursuivaient de violentes manifestations antibritanniques. La demande circonstanciée d’extradition doit être finalisée, selon la loi britannique, dans un délai de 40 jours suivant la mise en détention vendredi de l’ancien chef de l’une des plus sanglantes dictatures latino-américaines, qui bénéficiait de l’impunité depuis 25 ans. La procédure instruite par les juges Baltasar Garzon et Manuel Garcia doit cependant être validée par le Conseil des ministres du gouvernement conservateur de José Maria Aznar, entérinée par la justice britannique et sanctionnée en dernier ressort par le ministre de l’Intérieur Jack Straw. Elle doit triompher d’obstacles juridiques et de considérations politico-économiques, les gouvernements de Londres et Madrid qui se retranchent derrière l’indépendance de la justice ayant à cœur de ne pas hypothéquer leur commerce avec un pays perçu comme l’Eldorado sud-américain, prometteur pour les Anglais, fructueux pour les Espagnols. Des mois pourraient s’écouler avant un dénouement, sans compter les multiples possibilités d’appels et de recours qu’entendent épuiser les partisans d’Augusto Pinochet. Ils exigent au mieux la libération, au pire l’expulsion vers un pays tiers de l’ancien homme fort d’une junte accusée de la mort et de la disparition de plus de 3000 opposants entre 1973 et 1980. Le juge vedette Garzon — qui a provoqué la pire crise gouvernementale de l’après Franco en révélant l’affaire des Groupes antiterroristes de libération (GAL) — et son comparse au profil plus discret, ont réalisé un premier coup d’éclat en obtenant la mise en arrestation de l’octogénaire. Le dossier d’extradition instruit les accusations de génocide, torture, terrorisme et crimes contre l’humanité. Il porte sur la disparition de 80 Chiliens d’origine espagnole et sur les agissements des agents de «l’opération Condor» chiliens, argentins, boliviens, uruguayens et paraguayens accusés d’avoir éliminé nombre d’opposants aux dictatures militaires d’Amérique latine dans les années 70. À Santiago, de violents incidents ont éclaté dimanche soir devant l’ambassade britannique où près de 7000 partisans du général Pinochet s’étaient rassemblés pour protester contre sa détention à Londres.
Une longue bataille juridique à l’issue incertaine a débuté dimanche en vue de l’extradition puis du procès pour «génocide» en Espagne du général Augusto Pinochet, l’ancien dictateur chilien piégé dans une clinique londonienne par deux juges madrilènes, alors qu’à Santiago se poursuivaient de violentes manifestations antibritanniques. La demande circonstanciée d’extradition doit être finalisée, selon la loi britannique, dans un délai de 40 jours suivant la mise en détention vendredi de l’ancien chef de l’une des plus sanglantes dictatures latino-américaines, qui bénéficiait de l’impunité depuis 25 ans. La procédure instruite par les juges Baltasar Garzon et Manuel Garcia doit cependant être validée par le Conseil des ministres du gouvernement conservateur de José Maria Aznar,...