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Actualités - Chronologie

L'élection présidentielle arménienne, clé pour la stabilité du Caucase

Les résultats de l’élection présidentielle qui se déroule aujourd’hui en Arménie auront un retentissement inévitable sur l’avenir à moyen terme du Caucase, l’une des régions les plus instables encore de l’ex-URSS. Curieusement, le dossier brûlant du Nagorny-Karabakh, un territoire azerbaïdjanais peuplé d’Arméniens, qui avait poussé le président Levon Ter-Petrossian à la démission en février, n’a pas dominé la campagne électorale. Les principaux candidats en lice, en effet, partagent à peu près la même position: un soutien sans faille aux Arméniens du Karabakh, qui ont proclamé unilatéralement leur indépendance et l’ont défendue lors d’une guerre meurtrière entre 1988 et 1994. Si aucun candidat ne franchit la barre des 50% lundi, un second tour opposera les deux hommes les mieux placés. Le débat préélectoral s’est concentré sur la crise économique et sur les personnalités des candidats présentés comme favoris: la moitié de la population active du pays est au chômage et le salaire mensuel moyen est de 10 dollars, loin en dessous du minimum considéré comme vital. Les électeurs auront un vaste choix de programmes économiques, depuis le retour total au système de planification soviétique jusqu’à la poursuite des réformes et des privatisations en cours. En l’absence de sondages, les candidats apparemment les plus populaires semblent être le premier ministre Robert Kotcharian, actuellement chef de l’Etat par intérim, et l’ancien chef du PC arménien à l’époque soviétique, Karen Demirtchian. Les deux hommes ont des personnalités et des programmes aux antipodes: jovial apparatchik communiste, Demirtchian, 65 ans, a laissé le souvenir d’un homme qui savait obtenir ce dont l’Arménie avait besoin à l’époque de pénurie soviétique. «Demirtchian volait aveuglément le système soviétique pour obtenir des biens pour l’Arménie, les gens s’en souviennent», affirme un diplomate occidental à Erevan. Kotcharian, qui a 22 ans de moins que son adversaire, est considéré comme un gestionnaire dur, mais honnête, héros de la guerre du Karabakh, qui n’a pas hésité à mettre en place une impopulaire réforme fiscale. «Si Demirtchian arrive en tête, c’est que les gens auront laissé parler leurs émotions. Si c’est Kotcharian, ils auront voté avec leur tête», assure le politologue Artur Bagdassarian. Un scrutin très surveillé Le scrutin arménien sera observé de près par les voisins du Caucase, Géorgie et Azerbaïdjan, de même que dans les grandes capitales occidentales, où l’on s’inquiète des répercussions du conflit arméno-azerbaïdjanais sur le transport du pétrole et du gaz de la mer Caspienne. Deux projets majeurs d’oléoducs au départ de Bakou, l’un vers le port géorgien de Soupsa, l’autre vers la Turquie, pourraient être remis en question si la guerre reprenait dans la région. Erevan et Bakou s’opposent depuis dix ans autour du Nagorny-Karabakh, où la guerre a fait 20.000 morts et provoqué la fuite de quelque 800.000 Azerbaïdjanais du Nagorny Karabakh, aujourd’hui considérés comme des réfugiés. «Il est important que l’élection soit démocratique, afin que nous sachions avec qui nous traitons, et que le vainqueur soit vraiment le représentant du peuple arménien», assure l’homme politique azerbaïdjanais Issa Gambar. La question de l’honnêteté du scrutin n’est pas uniquement théorique: en 1996, l’élection de Levon Ter-Petrossian avait été violemment contestée par l’opposition, qui l’accusait de fraude massive. Le pouvoir avait dû déployer l’armée dans Erevan pour mettre un terme aux émeutes. (AFP)
Les résultats de l’élection présidentielle qui se déroule aujourd’hui en Arménie auront un retentissement inévitable sur l’avenir à moyen terme du Caucase, l’une des régions les plus instables encore de l’ex-URSS. Curieusement, le dossier brûlant du Nagorny-Karabakh, un territoire azerbaïdjanais peuplé d’Arméniens, qui avait poussé le président Levon Ter-Petrossian à la démission en février, n’a pas dominé la campagne électorale. Les principaux candidats en lice, en effet, partagent à peu près la même position: un soutien sans faille aux Arméniens du Karabakh, qui ont proclamé unilatéralement leur indépendance et l’ont défendue lors d’une guerre meurtrière entre 1988 et 1994. Si aucun candidat ne franchit la barre des 50% lundi, un second tour opposera les deux hommes les mieux placés. Le...