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Actualités - Interviews

Tout est possible, estime Eddé

Le ministre d’Etat Michel Eddé a souligné la nécessité du respect de la Constitution en matière d’élection présidentielle et de la tenue de ce scrutin à la date prévue, tout en estimant que les causes qui ont été à l’origine de la prorogation du mandat du chef de l’Etat Elias Hraoui, à la fin de 1995, étaient toujours présentes aujourd’hui. Interrogé samedi dans le cadre de l’émission «Le salon du samedi» que diffuse la Voix du Liban, M. Eddé a déclaré: «A mes yeux, il faut appliquer la Constitution et tenir l’élection présidentielle à la date prévue. Sauf en cas de nécessité urgente et vitale d’amender la Constitution». Il a toutefois ajouté: «Actuellement, la situation est très tendue et proche de celle qui prévalait en 1996. C’est pourquoi je considère que tout est possible. Je crois qu’à l’heure actuelle, les causes qui nous avaient poussés en 1996 à approuver la prorogation (du mandat de M. Hraoui) sont toujours présentes et sont peut-être même plus fortes». «Cependant, il y a d’autres considérations qui entrent en jeu et notamment un facteur personnel propre à M. Hraoui», a-t-il souligné. Le chef de l’Etat a fait savoir à plusieurs reprises jusqu’ici qu’il n’était pas question pour lui de rester à son poste après la date d’expiration de son mandat, en novembre prochain, et a même envisagé la possibilité d’une élection anticipée. Le problème du Liban-Sud M. Eddé, qui a consacré l’essentiel de l’émission à réaffirmer ses vues sur la question du Liban-Sud et la proposition israélienne de retrait conditionnel, a déploré l’aggravation des divergences politiques sur le plan intérieur. Soulignant que «dans tout Etat démocratique il est normal qu’il y ait une opposition, des polémiques et des conflits politiques», et que cela était «une preuve de bonne santé», il a néanmoins souhaité que «les divergences intérieures soient aplanies». «Dans tout pays qui se trouve en état de guerre, il est nécessaire que le front interne soit solide. Nous commettons tous une erreur en nous livrant à des polémiques et à des batailles marginales intolérables, parce que le danger nous guette actuellement», a-t-il dit. Au sujet des relations avec la Syrie, il a estimé que «la dissociation entre le Liban et la Syrie avait été expérimentée le 17 mai 1983», par la signature avec Israël de l’accord sur le retrait de ses troupes du Liban. «Cela a conduit à la dislocation du Liban», a expliqué M. Eddé, qui a affirmé que, dans les négociations de paix, la concomitance des deux volets constituait «la meilleure position». «Nous refusons de nous dissocier du volet syrien parce que la Syrie fut la seule à avoir raison dans son attitude face aux manœuvres israéliennes, et non pas, comme certains le prétendent, parce que nous en sommes incapables. Le président Assad et la Syrie ont eu raison dans la position qu’ils ont adoptée en faveur de la paix juste et globale», a-t-il assuré. La 425 Pour M. Eddé, «demeurer attaché à l’application intégrale de la résolution 425» du Conseil de sécurité de l’ONU est précisément «le premier pas vers l’instauration de cette paix juste et globale». Selon lui, une telle paix est dans «l’intérêt de tout le monde, Libanais, Syriens, Arabes, Européens et Américains». S’agissant de la proposition israélienne d’acceptation sous condition de la résolution 425, il a réaffirmé qu’il s’agissait d’«une offre exclusivement médiatique, dans la mesure où chaque responsable israélien a son propre langage». Les Israéliens «acceptent en apparence la 425 parce que l’armée israélienne a été défaite au Liban», a-t-il souligné. Selon lui, à travers sa proposition, le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu «vise trois objectifs»: «Le premier est de montrer une intention de se retirer (du Liban-Sud) afin d’éviter d’avoir à subir des pressions et de poursuivre les pourparlers avec les Palestiniens», a-t-il dit. Le deuxième objectif est de «calmer l’opinion publique israélienne» et le troisième de «sauver la face dans la mesure où il (M. Netanyahu) est l’objet de critiques de toutes parts et se trouve à deux doigts de la chute».
Le ministre d’Etat Michel Eddé a souligné la nécessité du respect de la Constitution en matière d’élection présidentielle et de la tenue de ce scrutin à la date prévue, tout en estimant que les causes qui ont été à l’origine de la prorogation du mandat du chef de l’Etat Elias Hraoui, à la fin de 1995, étaient toujours présentes aujourd’hui. Interrogé samedi dans le cadre de l’émission «Le salon du samedi» que diffuse la Voix du Liban, M. Eddé a déclaré: «A mes yeux, il faut appliquer la Constitution et tenir l’élection présidentielle à la date prévue. Sauf en cas de nécessité urgente et vitale d’amender la Constitution». Il a toutefois ajouté: «Actuellement, la situation est très tendue et proche de celle qui prévalait en 1996. C’est pourquoi je considère que tout est possible. Je...