Une succession de têtes signées Marwan occupe les cimaises de la galerie Epreuve d’Artiste, rue Sursock, jusqu’au 17 octobre. Plus précisément 99 eaux-fortes et 18 mixed-media qui reprennent inlassablement le même sujet : une face humaine toujours la même et à chaque fois renouvelée. Marwan est un peintre syrien de renom installé à Berlin. C’est sa deuxième exposition à Beyrouth. La première avait eu lieu en 95 chez 50x70. Toujours fidèle à son thème de prédilection — les figures d’hommes —l’artiste présente ici des tableaux élaborés comme des rébus. Au premier regard on ne distingue qu’un enchevêtrement de traits, de lignes et de couleurs qui envahissent toute la surface. Puis au fur et à mesure que le regard devient plus appuyé, l’œil (seul ou par paire) apparaît, les contours de la bouche se dessinent… L’on devine alors l’expression du personnage, à partir de la position des yeux, placés parfois carrément au centre du visage. D’autres fois, à partir de trois têtes, dont une renversée, Marwan construit un paysage de montagnes se reflétant dans les eaux d’un lac ou d’une mer… Le Centre culturel français, rue de Damas, accueille jusqu’au 30 octobre les œuvres récentes d’Issa Halloum, un jeune peintre originaire de la Békaa qui peint inlassablement sa terre natale. Ses toiles racontent des «scènes de vie rurale». Une quarantaine d’huiles— grandes dimensions et miniatures — aux couleurs lumineuses où dominent en duo les jaune et vert des plaines mais où foisonnent aussi les tonalités fruitées et audacieuses des natures mortes. Des veillées au coin du feu, au repas du soir en passant par les femmes au lavoir ou au champ, les corbeilles de fruits de saison, une atmosphère rendue avec beaucoup de tendresse. A la galerie Agial, rue Abdel-Aziz, jusqu’au 24 octobre, les Souhaits silencieux de Noriko Koma, une artiste japonaise installée au Liban depuis quatre ans. Sur quarante-six tableaux, de petites, moyennes et grandes dimensions, Noriko Koma peint sa vision du Liban, et son «espoir de paix», dit-elle. Espoir symbolisé dans ses toiles par le thème récurent des fleurs blanches. Mais aussi d’une «Pieta» multiconfessionnelle, une sorte d’icône de la Vierge en tchador, ainsi que par des paysages toujours «habités» par une mosquée et une église… L’artiste utilise une des techniques traditionnelles du pays du Soleil levant. Elle peint sur du papier issu de plantes japonaises (Mitsumata et Kozo) qu’elle froisse à certains endroits pour un effet de relief. Elle trace ensuite à l’encre de Chine un dessin qu’elle remplit d’un fondu de couleurs se mariant harmonieusement tel le bleu de Chine, le rouge vermillon, le beige blond… Nuances qu’elle obtient au moyen de pigments naturels: pierres semi-précieuses, coquillages et roches broyées, mercure et parfois feuilles d’or ou d’argent. Cela donne des paysages, des scènes de vie, des portraits, des images d’architecture typique, des compositions symbolistes à la touche orientalo-japonaise nimbée d’une délicate poésie…
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