L’industrie pétrolière conserve une relative sérénité face à la forte chute du prix du pétrole, provoquée par une surabondance de l’offre, et les principales compagnies n’ont pas remis en cause leur projets d’exploration et de développement. Toutefois, si cette faiblesse des cours, actuellement au plus bas en quatre ans, devait perdurer voire s’aggraver, les experts n’excluent pas que celle-ci puisse avoir un impact, en particulier sur les petites compagnies, aux reins moins solides. «La baisse des cours du pétrole n’a eu pour l’instant aucun impact sur nos activités», a indiqué David Stuart, porte-parole de Shell UK, la branche britannique du géant anglo-néerlandais Royal Dutch Shell. «Nous n’avons pas ralenti notre production et n’avons pas remis en question nos projets d’investissement», a-t-il ajouté. «Nous sommes préparés à une telle situation et pouvons assumer une forte baisse des prix», a assuré de son côté un responsable d’une grande compagnie pétrolière européenne, sous couvert de l’anonymat. Le marché du pétrole souffre d’une offre pléthorique, après le relèvement des quotas de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) en novembre, alliée à une baisse de la demande avec la crise asiatique. Instruite par le premier choc pétrolier en 1973, l’industrie pétrolière a appris à jouer avec les cycles de prix et établit ses projets de développement à long terme, en fonction d’un cours plancher. Lancées dans une course à la rentabilité, les compagnies pétrolières n’ont également cessé de réduire leurs coûts d’exploration et de production à la portion congrue, notamment en mer du Nord. Le gaz est moins versatile Les conditions favorables du marché les années précédentes leur ont permis de restructurer certaines activités, de se diversifier, d’accroître leurs capacités de production et d’améliorer leur situation financière. «Il y aura peut-être au bout du compte un très léger ralentissement des investissements et la rentabilité en souffrira un peu, mais les compagnies dégageront quand-même des bénéfices et les projets resteront viables», affirme Stephen Boyle, analyste pétrolier pour la Royal Bank of Scotland. Si les grandes compagnies internationales se disent tranquilles, la contraction des cours du pétrole reste une source d’inquiétudes pour les plus petites, souligne Emmanuel Weyd, expert du secteur énergétique pour la banque d’affaires J.P. Morgan. «Les grosses compagnies dites intégrées, qui explorent, produisent, raffinent et commercialisent leurs produits, sont nettement moins susceptibles d’être affectées que les autres, parce qu’elles disposent d’une grande souplesse financière», juge l’expert de J.P. Morgan. En revanche, les indépendants, comme Lasmo, Enterprise Oil ou encore Saga Petroleum en Grande-Bretagne, pourraient souffrir car leurs activités sont fondées exclusivement sur l’exploration et la production. «Quand vous êtes une société d’exploration et de production uniquement, vous ne pouvez pas changer votre stratégie du jour au lendemain. Votre seul souplesse consiste à ralentir ou non le rythme de vos investissements», explique-t-il. La compagnie britannique Premier Oil a annoncé lors de la présentation de ses résultats annuels cette semaine que ses opérations de développement du champ Chesnut, en mer du Nord, étaient remises en question en raison principalement de la baisse des cours du brut. A terme, Premier envisage même de produire plus de gaz naturel que de pétrole, «parce que les cours du gaz sont moins versatiles que les cours du pétrole», a déclaré son président, Charles Jamieson. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats L’industrie pétrolière conserve une relative sérénité face à la forte chute du prix du pétrole, provoquée par une surabondance de l’offre, et les principales compagnies n’ont pas remis en cause leur projets d’exploration et de développement. Toutefois, si cette faiblesse des cours, actuellement au plus bas en quatre ans, devait perdurer voire s’aggraver, les experts n’excluent pas que celle-ci puisse avoir un impact, en particulier sur les petites compagnies, aux reins moins solides. «La baisse des cours du pétrole n’a eu pour l’instant aucun impact sur nos activités», a indiqué David Stuart, porte-parole de Shell UK, la branche britannique du géant anglo-néerlandais Royal Dutch Shell. «Nous n’avons pas ralenti notre production et n’avons pas remis en question nos projets d’investissement», a-t-il...