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Actualités - Chronologie

Elargissement de l'UE : des négociations dans le brouillard

L’Union européenne a décidé d’ouvrir le 10 novembre des négociations concrètes d’adhésion avec six pays malgré le brouillard qui nimbe la taille, le financement et le calendrier de son élargissement. Les ministres des Affaires étrangères des Quinze ont ainsi changé leur fusil d’épaule, puisqu’il avait d’abord été convenu que la Commission européenne procède à un examen analytique («screening») de la situation des 11 pays candidats par rapport à l’«acquis communautaire» afin de déterminer quels sont les progrès à réaliser dans chaque secteur avant l’adhésion. Ce n’est qu’à la fin de cette évaluation, qui sera terminée à l’été 1999, que des négociations concrètes devaient être entamées avec les six pays les plus «avancés» — Pologne, Hongrie, République tchèque, Estonie, Slovénie et Chypre. L’Autriche, qui assume actuellement la présidence de l’UE, a toutefois estimé qu’il fallait donner un «signal» positif à ces pays qui souffrent dans la transition en entamant sans tarder des négociations concrètes sur quelques dossiers «faciles». «Les Autrichiens veulent absolument montrer qu’ils ont lancé les négociations d’élargissement», ironise un diplomate de haut rang qui juge la réunion au mieux inutile. «Si ça les amuse...». Malgré les réticences devant un exercice qui risque de donner de faux espoirs aux candidats et d’accentuer le fossé entre la «première» vague et la deuxième — l’élargissement n’est plus attendu avant 2005 —, aucun Etat membre n’a osé s’y opposer sous peine de paraître opposé à l’intégration de ces pays. La réunion du 10 novembre portera donc sur sept chapitres qui ont déjà fait l’objet d’un examen analytique, comme l’éducation, la recherche, la politique étrangère ou les télécommunications, pour lesquels les pays candidats ont déclaré qu’ils étaient prêts à reprendre l’«acquis communautaire». L’horizon est pourtant de plus en plus incertain. Les Quinze, qui croyaient pouvoir limiter la première vague des adhésions et donc contenir les difficultés et les dépenses, sont désormais confrontés à une tout autre perspective. Le wagon de tête La récente défaite électorale du Premier ministre slovaque Vladimir Meciar oblige pratiquement l’Union européenne à ajouter à la liste des «Six» la Slovaquie, qui n’en avait été écartée que pour des raisons d’organisation politique. Les Quinze ont dû reconnaître que la tenue du récent référendum en Lettonie était un pas extrêmement positif qui pourrait les amener à reconsidérer son exclusion de la liste des pays membres de la première vague, seul l’Estonie initialement ayant été retenue parmi les pays baltes. Le sort de la Lituanie étant lié à celui de la Lettonie, ces deux pays devraient donc rejoindre l’Estonie. Enfin, le nouveau gouvernement maltais a reformulé sa demande d’adhésion, qui avait été gelée: Malte étant jugée apte économiquement, La Valette montera dans le wagon de tête. Au lieu d’une échappée de six membres, l’Union européenne se retrouve dès lors face à un peloton massif de 10 pays et seules la Romanie et la Bulgarie paraissent lâchées, ce qui pose des problèmes politiques et diplomatiques de taille. Or, jusqu’à présent, les discussions sur le financement de l’élargissement à une poignée de pays seulement et les nécessaires réformes des politiques, notamment agricole, piétinent à un point tel qu’il est peu probable que l’échéance de mars 1999 pour la fin des négociations soit tenue. «Le calendrier de Cardiff ne sera pas tenu», a déclaré un ministre qui a requis l’anonymat. Enfin, le problème de Chypre risque de torpiller tout le processus en raison d’une vive querelle entre la Grèce et certains de ses partenaires, dont la France. La France a en effet tenu à rappeler lundi les réserves que lui inspire la situation à Chypre, où les troupes turques occupent la partie Nord-Est de l’île depuis 25 ans. Paris craint refuser «d’importer» le problème chypriote dans l’Union européenne en acceptant son adhésion sans qu’une solution négociée soit préalablement intervenue. Cette position a suscité la vive opposition du ministre grec des Affaires étrangères, Theodoros Pangalos, qui a rappelé qu’un tel préalable n’avait jamais été exprimé dans les sommets européens et a menacé à mots voilés de bloquer tout le processus d’élargissement si l’adhésion de Chypre était bloquée. (Reuters)
L’Union européenne a décidé d’ouvrir le 10 novembre des négociations concrètes d’adhésion avec six pays malgré le brouillard qui nimbe la taille, le financement et le calendrier de son élargissement. Les ministres des Affaires étrangères des Quinze ont ainsi changé leur fusil d’épaule, puisqu’il avait d’abord été convenu que la Commission européenne procède à un examen analytique («screening») de la situation des 11 pays candidats par rapport à l’«acquis communautaire» afin de déterminer quels sont les progrès à réaliser dans chaque secteur avant l’adhésion. Ce n’est qu’à la fin de cette évaluation, qui sera terminée à l’été 1999, que des négociations concrètes devaient être entamées avec les six pays les plus «avancés» — Pologne, Hongrie, République tchèque, Estonie,...