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Actualités - Chronologie

Réparer l'horreur

Dans les faubourgs de Freetown, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) s’efforce de réparer l’horreur en opérant des civils, dont des enfants, atrocement mutilés par les rebelles sierra-léonais. Depuis la réouverture de l’hôpital Netland par le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) en juin, quelque 400 personnes ont été opérées par des chirurgiens utilisant la méthode Krukenberg, du nom d’un chirurgien allemand qui soigna les mutilés de la Première Guerre mondiale. «Nous opérons en priorité les personnes dont les deux mains ont été coupées, parce qu’elles n’ont plus aucune autonomie, ne peuvent même pas aller aux toilettes ou s’habiller seules», explique Margaret, infirmière-en-chef et coordinatrice du projet. La méthode Krukenberg consiste à faire une entaille dans le bras pour séparer le radius et le cubitus, de façon à former une pince. Après l’opération, les patients poursuivent une rééducation d’au moins trois mois pour apprendre à actionner les muscles du bras. Musa, 18 ans, venait d’acheter des sacs de riz dans le village de Masebra, non loin de Makeni (140 km au nord-est de la capitale), quand il a été surpris par des rebelles qui lui ont coupé les deux mains à la machette. C’était le 15 juin. Depuis, Musa a été opéré d’un bras. «Pour l’autre, il n’y avait pas assez de longueur», dit-il calmement. Les rebelles ont sectionné son bras gauche presque à la hauteur du coude. Avec son bras opéré, Musa a pu saisir un crayon et écrire son nom sur une feuille qu’il a fièrement accrochée au-dessus de son lit. Il espère maintenant «retourner à l’école». Musa est loin d’être l’unique victime des rebelles disséminés dans la brousse depuis qu’ils ont été chassés de la capitale en février dernier par l’ECOMOG, la force ouest-africaine. Un bras valide… Dans le couloir, un groupe de femmes discute avec animation. L’une d’elles exhibe un ventre rebondi — son bébé doit naître dans les jours qui viennent — et son bras, coupé. Une autre, encore alitée, vient d’accoucher à l’hôpital: son coude a été déchiqueté par une balle, mais il lui reste un bras valide «pour nourrir le bébé». Parmi les jeunes mutilés, beaucoup lancent de sympathiques et souriants «hello» aux visiteurs, comme pour prévenir toute compassion. L’un d’eux dévale un escalier en courant, un exploit pour quelqu’un privé de bras et donc d’équilibre. Un autre baisse la tête pour montrer les traces de machette sur son crâne. Le CICR, qui vient de livrer en Sierra Leone un hélicoptère pour récupérer les victimes des exactions dans les régions les plus reculées du pays, a ramené cette semaine trois enfants victimes d’une attaque récente à Kabala (250 km au nord-est de Freetown). Fifi, brûlée sur tout le corps, hurle de douleur, tandis qu’à côté un petit bonhomme au crâne rasé cache ses brûlures sous une chemise trop grande pour lui. Il dit qu’il était caché avec «maman, papa et toute la famille» dans une case quand les rebelles y ont mis le feu. Lui seul a survécu. Pourtant son regard s’éclaire lorsqu’il raconte sa journée de la veille. Bamba, le petit garçon de la brousse, a pris l’hélicoptère et vu la mer pour la première fois: «Je n’avais jamais vu autant d’eau», commente-t-il avec un large sourire. (AFP)
Dans les faubourgs de Freetown, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) s’efforce de réparer l’horreur en opérant des civils, dont des enfants, atrocement mutilés par les rebelles sierra-léonais. Depuis la réouverture de l’hôpital Netland par le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) en juin, quelque 400 personnes ont été opérées par des chirurgiens utilisant la méthode Krukenberg, du nom d’un chirurgien allemand qui soigna les mutilés de la Première Guerre mondiale. «Nous opérons en priorité les personnes dont les deux mains ont été coupées, parce qu’elles n’ont plus aucune autonomie, ne peuvent même pas aller aux toilettes ou s’habiller seules», explique Margaret, infirmière-en-chef et coordinatrice du projet. La méthode Krukenberg consiste à faire une entaille dans le bras pour...