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Actualités - Chronologie

Le soutien russe demeure limité

La Russie est intervenue directement dimanche auprès de Slobodan Milosevic pour éviter des bombardements de l’OTAN en Serbie, mais le soutien de Moscou à Belgrade dans l’affaire du Kosovo semble limité en raison du soutien financier que les Russes attendent de leurs partenaires occidentaux. Le gouvernement russe a adopté un ton très dur pour mettre en garde l’OTAN contre toute frappe militaire en Serbie sans l’autorisation du Conseil de Sécurité, ce qui constituerait selon Moscou «une grossière violation de la Charte de l’ONU» et «torpillerait tout le système des relations internationales contemporaines». Dans le même temps, Moscou a dépêché à Belgrade une importante délégation: le ministre des Affaires étrangères Igor Ivanov, porteur d’un message personnel de Boris Eltsine à M. Milosevic, le ministre de la Défense Igor Sergueïev, et le premier adjoint du chef des services de renseignements extérieurs, Alexeï Chtcherbakov. «Une ingérence militaire dans le conflit intérieur yougoslave» non seulement ne réglerait pas le problème de la province serbe du Kosovo (où la population à 90% albanaise revendique l’indépendance) mais mettrait en danger la sécurité des forces internationales en Bosnie et les perspectives de stabilisation dans les Balkans, soulignait le communiqué du gouvernement. Alors que la communauté internationale voit en Milosevic le principal sinon le seul coupable, Moscou a critiqué les uns et les autres, reprochant aux Serbes de tarder à prendre les mesures nécessaires à un règlement politique, et aux Albanais de maintenir leurs aspirations séparatistes et de refuser le dialogue. Moscou a par ailleurs appelé les deux parties, et pas seulement les Serbes, à «respecter pleinement» les résolutions du Conseil de Sécurité. La visite éclair à Belgrade des ministres russes des Affaires étrangères et de la Défense n’avait été annoncée au préalable ni à Moscou ni à Belgrade. Des sources diplomatiques occidentales à Moscou n’ont pas été en mesure de préciser si cette visite avait été concertée avec les autres membres du Groupe de contact (Etats-Unis, Allemagne, France, Grande-Bretagne et Italie) ou s’il s’agissait d’une initiative unilatérale de la Russie. Les ministres ont demandé à Belgrade de «prendre sur le champ des mesures décisives pour corriger la situation au Kosovo» pour éviter une intervention de l’OTAN, mais M. Milosevic n’a fait aucun geste susceptible d’être considéré comme une avancée obtenue par la diplomatie russe. Le virulent communiqué du gouvernement et la visite des ministres à Belgrade ont permis à la Russie de montrer qu’elle reste le meilleur, sinon le seul, allié de Belgrade. Mais ses moyens d’action réels pour empêcher une intervention militaire semblent des plus limités. «Si le Conseil de Sécurité devait prendre la décision d’une intervention militaire, la Russie utiliserait sans doute son droit de veto. C’est pourquoi, pour éviter une telle situation, la décision sera sans doute prise sans vote du Conseil de Sécurité. En cas de bombardement, la Russie protestera et les choses en resteront là», estime Viatcheslav Terekhov, spécialiste de l’ex-Yougoslavie à Moscou. Une politique «d’opposition et de défiance systématique» de la Russie envers l’Occident, notamment les Etats-Unis, rendrait «absolument impossible» l’aide à la Russie, a déclaré vendredi le secrétaire d’Etat américain Madeleine Albright. Un message qui devrait être entendu à Moscou: la Russie traverse une crise économique et financière majeure, et ne voit son salut que dans l’octroi d’une aide occidentale qui se chiffre en milliards de dollars. (AFP)
La Russie est intervenue directement dimanche auprès de Slobodan Milosevic pour éviter des bombardements de l’OTAN en Serbie, mais le soutien de Moscou à Belgrade dans l’affaire du Kosovo semble limité en raison du soutien financier que les Russes attendent de leurs partenaires occidentaux. Le gouvernement russe a adopté un ton très dur pour mettre en garde l’OTAN contre toute frappe militaire en Serbie sans l’autorisation du Conseil de Sécurité, ce qui constituerait selon Moscou «une grossière violation de la Charte de l’ONU» et «torpillerait tout le système des relations internationales contemporaines». Dans le même temps, Moscou a dépêché à Belgrade une importante délégation: le ministre des Affaires étrangères Igor Ivanov, porteur d’un message personnel de Boris Eltsine à M. Milosevic, le ministre...