Le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), au cœur d’un conflit actuellement entre la Turquie et la Syrie, est une organisation marxiste-léniniste qui prône l’établissement d’un «Grand Kurdistan» sur un territoire chevauchant la Turquie, la Syrie, l’Irak et l’Iran, totalisant quelque 20 millions d’habitants d’ethnie kurde. La Turquie menace de lancer une attaque militaire contre la Syrie qu’elle accuse de soutenir le PKK et d’abriter son chef Abdullah Ocalan, dit «Apo», 48 ans, qui réside à Damas ou dans la Békaa libanaise sous contrôle syrien. Ces accusations ont été rejetées par Damas. Le PKK a lancé le 15 août 1984 la lutte armée contre le pouvoir central d’Ankara, faisant de la question kurde le principal problème de la Turquie d’aujourd’hui. Les violences liées à cette rébellion ont fait, selon un bilan généralement accepté, près de 31.000 morts, rebelles, soldats et civils. Elles se traduisent parfois par des attaques du PKK contre des villages kurdes qui refusent un soutien logistique au mouvement séparatiste. D’un autre côté, plus de 3.000 villages et hameaux ont été évacués par l’armée turque, parfois brutalement, pour ôter tout soutien logistique au PKK. Le PKK est considéré comme une organisation terroriste par la Turquie et plusieurs pays occidentaux dont les Etats-Unis. Le PKK chapeaute une branche politique, l’ERNK (Front de libération du Kurdistan) et une branche militaire, l’ARGK (Armée populaire de libération du Kurdistan). Créé par une dizaine d’étudiants, dont M. Ocalan, en novembre 1978, le mouvement vise à obtenir dans un premier temps la création dans le sud-est de la Turquie d’un Etat kurde indépendant, qui mènerait ensuite au «grand Kurdistan uni» regroupant tous les Kurdes vivant en Turquie, en Syrie, en Irak et en Iran. Mais aucun de ces pays ne soutient la création d’un Etat kurde, qui bouleverserait les équilibres dans la région. Outre la Syrie, la Turquie accuse l’Iran et la Grèce de soutenir le PKK, dans le but de l’affaiblir. Le PKK, qui avait déclaré une trêve unilatérale et inconditionnelle à compter du 1er septembre, rejetée par les autorités civiles et militaires turques, est aujourd’hui sur la défensive sur le terrain. Les forces de sécurité turques multiplient depuis 1993 leurs opérations contre cette formation dans le sud-est anatolien et dans le nord de l’Irak, lui infligeant de lourdes pertes. Le PKK a lancé à la même époque une offensive politique dans les pays d’Europe de l’Ouest pour tenter d’obtenir reconnaissance et soutien dans sa lutte contre l’Etat turc. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), au cœur d’un conflit actuellement entre la Turquie et la Syrie, est une organisation marxiste-léniniste qui prône l’établissement d’un «Grand Kurdistan» sur un territoire chevauchant la Turquie, la Syrie, l’Irak et l’Iran, totalisant quelque 20 millions d’habitants d’ethnie kurde. La Turquie menace de lancer une attaque militaire contre la Syrie qu’elle accuse de soutenir le PKK et d’abriter son chef Abdullah Ocalan, dit «Apo», 48 ans, qui réside à Damas ou dans la Békaa libanaise sous contrôle syrien. Ces accusations ont été rejetées par Damas. Le PKK a lancé le 15 août 1984 la lutte armée contre le pouvoir central d’Ankara, faisant de la question kurde le principal problème de la Turquie d’aujourd’hui. Les violences liées à cette rébellion ont...