Le Festival du film de Beyrouth se poursuit au Sodeco Square (circuit Empire). Les films programmés pour le week-end sont les suivants: — «Shall we dance», de Masayuki Suo, 135mn. Avec Koji Kayuso (Sohei Sugiyama), Tmiyo Kusakari (Mai Kishikawa), Naoto Tekenaka (Tomio Aoki) et Eriko Wantanabe (Toyko Takahashi). Assis dans un train, un homme d’affaires entrevoit une belle jeune fille devant une école de danse. Dans le but de la rencontrer, il décide de prendre des cours de danse. Dans une culture où danser est embarrassant, ce film montre des gens qui n’ont pas honte de goûter au sens de liberté que la musique peut fournir. Aujourdui, 11h, Salle 1. — «Ma vie en rose», d’Alain Berliner (1h28) est l’histoire d’un petit garçon qui se prend pour une petite fille. Présenté à Cannes en 1997, dans le cadre de la quinzaine des réalisateurs, ce long-métrage, à mi-chemin entre la comédie et le drame, traite d’un sujet d’actualité. «Aujourd’hui, les frontières entre le féminin et le masculin sont de plus en plus floues», explique Berliner. «Il y a une redistribution des cartes. Ne serait-ce que dans la cellule familiale où les rôles du père et de la mère sont devenus interchangeables. Le travestissement et les problèmes d’identité sexuelle sont souvent traités au cinéma dans un registre comique. Ici, ce qui rend l’histoire émouvante, c’est l’innocence de cet enfant qui clame: «Plus tard je serais une fille» comme s’il disait «plus tard je serais grand». «Ma vie en rose» est un film qui parle de rapports humains, du regard souvent hostile et dénué de toute indulgence posé sur toute personne différente. Les parents du petit garçon ne savent pas quoi faire. Ils veulent d’une part comprendre et accepter la différence de leur enfant mais sont néanmoins perturbés et blessés par les jugements et les ragots du voisinage… Le film dresse aussi un parallèle entre le monde des enfants «où tout est possible, où la frontière entre le réel et le rêve n’existe presque pas et celui des adultes assujetti aux carcans et aux codes sociaux». Ce soir à 19h30, salle 2. — «Le goût de la cerise» (95 mn; Palme d’or-Cannes 1997), d’Abbas Kiarostami, est l’histoire d’un homme (la cinquantaine) qui souhaite mourir. Dans une société qui considère le suicide comme une abomination, il cherche désespérément quelqu’un qui accepterait de l’enterrer après sa mort. Au cours de sa quête, il rencontre toute sorte de personnages. A chacun ses croyances, ses peurs, ses superstitions. Ce portrait, brossé avec l’incomparable talent de Kiarostami, est plein de poésie… Ce soir, 22h30, salle 1. — «Hana-Bi» (fleur-feu) de Takeshi Kitano, 103 mn. C’est un film sur l’amour. L’histoire de quatre couples mariés: le personnage principal, Nishi, et sa femme atteinte d’une maladie fatale; le collègue handicapé, Horibe, sa femme et sa fille qui l’ont déserté; un jeune détective tué et sa jeune veuve et un policier nouvellement marié, Nakamura. C’est aussi un film d’action où violence et mort se côtoient. Aujourd’ hui, 14h, salle 2. — «The End of violence», de Wim Wenders. Avec Bill Pullman, Andie McDowell et Gabriel Byrne. Wim Wenders et Nicholas Klein ont tissé ce film avec pour toile de fond le mythe hollywoodien de richesse, de glamour, d’intrigue sexuelle et de violence. Ce soir, 22h30, salle 2. — «Live Flesh», de Pedro Almodovar. La chance n’a jamais été du côté de Victor Plaza. Il est né par un sombre jour du régime franquiste, dans le bus qui emmenait sa mère, une prostituée, à l’hôpital. Un début qui augure d’un destin peu banal. C’est un film dramatique, baroque et sensuel, dans le pur style Almodovar. Dimanche, 14h, salle 1. — Gabbeh, de Mohsen Makhmalbaf (1h15) est un film de fiction construit autour des «gabbehs», ces tapis persans aux motifs inspirés par la vie de la tribu, par les paysages traversés et par les histoires d’amour… Mais Gabbeh, c’est aussi le prénom d’une jeune fille, l’héroïne, qui raconte son histoire d’amour à une vieille femme. Il y a aussi Sayahi, vieil oncle de Gabbeh, ancien instituteur et poète. Revenu de la ville, il apprend aux enfants de sa tribu d’origine comment obtenir, à partir des fleurs, de merveilleuses couleurs pour teindre la laine des «gabbehs»... Le film de Makhmalbaf est simple, tendre, proche de la nature, mais aussi plein de sagesse. Conçu au départ comme un documentaire, il s’est enrichi, au fil du tournage, d’une autre dimension. Celle de l’imaginaire, qui engendre les contes et les rêves. Dimanche, à 19h30, salle 1. — «Train to Pakistan», de Pamela Brooks. Tiré de l’ouvrage de Khushwant Singh. Eté 1947. La frontière qui sépare l’Inde et le Pakistan est à feu et à sang. Mais dans le village où se déroule l’action du film, sikhs et musulmans cohabitent pacifiquement. Pas pour longtemps puisqu’un meurtre vient semer le doute. Le village devient la scène de conflits de loyautés. La tension monte… Un pays est divisé, le dernier lien: un train fantôme. Dimanche, 19h30, salle 2. — Welcome to Sarajevo (1h40) de Michael Winterbottom. Un long-métrage qui regroupe autour d’un reporter, personnage principal, des histoires véridiques survenues au cours des combats à Sarajevo. Le journaliste se trouve confronté à une valse-hésitation entre ce qu’il peut faire en tant qu’individu et ce qu’il doit faire en tant que témoin des événements… Dimanche 4 octobre, à 22h30, salle 1.
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