Le successeur du général Pinochet, 82 ans, à la tête de l’armée de terre chilienne est le général Ricardo Izurieta Caffarena, 54 ans, dont la désignation pour quatre ans, au poste de commandant en chef, a été approuvée en octobre dernier par le président Eduardo Frei. Le général Izurieta, présenté par ses amis comme un homme discret, s’il est un pur produit de la puissante armée chilienne telle que l’a organisée pendant 25 ans le général Pinochet, paraît être un homme neuf, en tout cas «sorti de l’ombre». Le général Izurieta très logiquement était présent lors de la récente cérémonie militaire au cours de laquelle tous les généraux, «à l’unanimité», ont élevé leur chef Augusto Pinochet à la dignité de «Commandant en chef émérite». Manifestement, l’armée exprimait par là qu’elle continuera, si besoin était, à faire bloc derrière son ancien patron. C’est le général Pinochet lui-même qui proposa le nom de Ricardo Izurieta, avec quatre autres généraux, sur une liste remise au président Frei en vue de la désignation de son successeur. Son nom aurait figuré toutefois en cinquième et dernière position. Sa désignation au poste de commandant en chef, 8 ans après le retour de la démocratie au Chili, porte les germes d’une rénovation dans l’armée de terre, selon les analystes, bien au-delà d’un simple changement de génération, même si, de toute évidence, sa tâche va être délicate. Il est généralement admis que l’armée chilienne doit opérer un rapprochement progressif avec la société civile, tout en conservant le rôle que lui a dessiné Augusto Pinochet. Un militaire «irréprochable» Contrairement à d’autres chefs militaires, Ricardo Izurieta est considéré comme un responsable militaire n’ayant pas été mêlé à des «affaires» de violation des droits de l’homme, disparitions, exécutions, qui ont jalonné les 17 années noires de dictature du général Pinochet. Dès l’annonce de la nomination du général Izurieta, tant les partis de la coalition (centre) au pouvoir, comme la droite chilienne ont parlé de lui comme étant un militaire «irréprochable» dont le nom n’a jamais été cité lors de la sanglante répression qui a suivi la prise de pouvoir par la force du général Pinochet, le 11 septembre 1973. Le général Izurieta appartient à une famille de militaires. Son grand-père, son père et plusieurs autres membres de sa famille appartiennent au monde militaire. «C’est ce qui pouvait arriver de mieux pour le Chili», a déclaré son père, le général à la retraite Pelayo Izurieta. Né le 11 juin 1943, Ricardo Izurieta était capitaine d’un régiment de cavalerie quand le 23 août 1973, soit trois semaines seulement avant le «golpe», le président Allende nomma Augusto Pinochet comme nouveau commandant en chef de l’armée, pour succéder au général Prats qui venait de le lui recommander, pour «sa loyauté»... Devenu colonel, Ricardo Izurieta fut nommé en 1987 attaché militaire à l’ambassade du Chili en Israël. L’année suivante, il fut nommé au commandement de la Garnison militaire de Santiago. Nommé général en 1990, il dirigea l’Académie de guerre, où sont formés les officiers supérieurs chiliens. En 1993, il est attaché militaire à l’ambassade chilienne aux Etats-Unis et en 1996, il est chef de l’état-major de la Défense nationale. Le général Izurieta est marié et père de trois enfants. Depuis qu’il a été nommé au poste de commandant en chef, le général Izurieta n’a fait aucune déclaration publique et s’est maintenu totalement à l’écart après l’annonce de l’entrée de son prédécesseur au Sénat comme «sénateur à vie». (AFP)
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