Populaire, brillant orateur, Gregor Gysi s’est donné à fond dans la campagne pour aider son parti, les communistes rénovés de l’ex-RDA (PDS), à faire le plein de voix dimanche, faute de quoi ils disparaîtront du Bundestag. D’un meeting à l’autre, M. Gysi s’évertue à démontrer que le PDS, issu du PC est-allemand, reste le meilleur avocat des Allemands de l’Est et qu’il constitue la seule vraie «opposition de gauche» sur l’échiquier politique allemand. Mercredi, le chef de file des députés PDS au Bundestag (20 députés) a consacré une de ses dernières escales de campagne à la circonscription de Pankow, dans l’ancien Berlin-Est. «L’Est vote rouge», proclame d’emblée une affiche électorale du PDS, installée près du podium, histoire de rappeler que les communistes rénovés récoltent 20% des suffrages en moyenne à chaque élection dans l’ex-RDA. Au milieu des percussions et des odeurs de saucisse, le meeting, qui a attiré 1.000 à 2.000 personnes dans le parc du château de Buch, a tout d’une ambiance de kermesse. Armé d’une ironie mordante et d’un sens inné de la mise en scène, M. Gysi joue les «amuseurs publics» pendant une heure pour le plaisir du public, des anciens flics nostalgiques de la RDA aux jeunes électeurs curieux d’en savoir plus sur le PDS. «On vous parle tous les jours des transferts financiers de l’Ouest vers l’Est de l’Allemagne (...) des sommes artificielles destinées à humilier les gens à l’Est», lance M. Gysi, vêtu d’un costume gris, d’une chemise noire et d’une cravatte lie-de-vin. «Il ne peut y avoir de transfert que vers un pays étranger. Ceux qui vous parlent de transferts n’ont pas intégré l’unité dans leur tête, ils oublient qu’il n’y a plus de frontière», ajoute-t-il, un rien populiste, sous les applaudissements. Des citoyens de «seconde classe» Gregor Gysi sait qu’il touche une corde sensible, deux Allemands de l’Est sur trois ayant le sentiment d’être des citoyens de seconde classe, annexés par l’Ouest. Epinglant au passage «l’arrogance de l’Ouest», le ténor du PDS dénonce les salaires moins élevés à l’Est (d’environ 20%) en demandant pourquoi les prix ne sont pas restés à 80% de ceux de l’Ouest. Le PDS, conscient que sa clientèle ne peut se limiter éternellement à l’Est, cherche aussi à se profiler, comme le parti de la «justice sociale», au service de tous les Allemands. Il réclame un impôt sur la fortune, le maintien des tranches d’imposition les plus élevées (à la différence des autres partis) ainsi qu’une hausse de la TVA sur les produits de luxe. «Celui qui a de l’argent peut bien s’acheter une Porsche rutilante. Cela ne doit pas l’empêcher non plus de payer 20% de TVA au lieu de 16%», poursuit M. Gysi, faisant monter d’un cran l’applaudimètre. Le PDS doit encore réunir au moins 5% des suffrages dimanche — il est crédité de 4 à 5% dans les sondages — ou décrocher au moins trois mandats directs comme en 1994 — l’élection panachant scrutin uninominal à un tour et proportionnelle — pour siéger au Bundestag. Les cinq circonscriptions de Berlin-Est, fief du PDS avec leurs cohortes d’anciens fonctionnaires de la RDA, s’annoncent déterminantes dans la course aux mandats directs. «Sans le PDS, on ne parlera plus d’Allemagne de l’Est au Bundestag», avertit Gregor Gysi. Gerd Heintze, 44 ans, a reçu le message cinq sur cinq. «Le PDS au Budestag, c’est le seul moyen de faire réagir les partis établis», estime cet enseignant. Michael Anton, 19 ans, est plus mesuré. «Je peux m’imaginer de voter un jour pour le PDS à condition qu’il ait moins de vieux nostalgiques de la RDA dans ses rangs», dit-il.(AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Populaire, brillant orateur, Gregor Gysi s’est donné à fond dans la campagne pour aider son parti, les communistes rénovés de l’ex-RDA (PDS), à faire le plein de voix dimanche, faute de quoi ils disparaîtront du Bundestag. D’un meeting à l’autre, M. Gysi s’évertue à démontrer que le PDS, issu du PC est-allemand, reste le meilleur avocat des Allemands de l’Est et qu’il constitue la seule vraie «opposition de gauche» sur l’échiquier politique allemand. Mercredi, le chef de file des députés PDS au Bundestag (20 députés) a consacré une de ses dernières escales de campagne à la circonscription de Pankow, dans l’ancien Berlin-Est. «L’Est vote rouge», proclame d’emblée une affiche électorale du PDS, installée près du podium, histoire de rappeler que les communistes rénovés récoltent...