Le célèbre écologiste Richard Leakey a repris la tête du Service kenyan de la faune (KWS) pour défendre la protection des animaux sauvages, menacées selon lui par le braconnage et par l’insécurité. «La protection de la vie sauvage se trouve face à de graves difficultés», a déclaré dans un communiqué le nouveau patron de KWS, qui avait démissionné de ce poste en 1994. «Le braconnage pour la viande, l’ivoire et d’autres produits est en augmentation», a-t-il affirmé. «La sécurité des touristes est un problème majeur», a-t-il ajouté, notamment «les attaques continuelles contre des campements et des véhicules touristiques». Le président kenyan Daniel arap Moi a annoncé lui-même la nomination de Richard Leakey, l’un de ses opposants les plus virulents, à la tête de KWS, qui gère les parcs naturels du Kenya. Agé de 54 ans, député d’opposition du parti Safina («l’arche de Noé» en swahili), ce Kenyan blanc de deuxième génération, fils des paléontologues Louis et Mary Leakey, avait mené à la tête de KWS une active campagne pour sauver les éléphants menacés par les braconniers. Il avait démissionné, en 1994, affirmant faire l’objet d’une campagne de diffamation de la part des hommes politiques et des fonctionnaires. En août 1995, il avait fait partie d’un groupe d’opposants et de manifestation de soutien au dissident Koigi wa Wamwere, poursuivi pour vol à main armée à Nakuru, dans la vallée du Rift. Mauvaise gestion En 1997, il avait réussi à faire enregistrer le parti Safina avant les élections générales de décembre, mais avait été traité de «néocolonialiste» par le président Moi. «Notre avenir dépend de notre capacité à œuvrer ensemble, en tant que Kenyans, dans tous les secteurs importants de la vie de la nation», et ce, «indépendamment des loyautés politiques de chacun», a déclaré Richard Leakey lors d’une conférence de presse. «A ce moment crucial de l’histoire du Kenya, je pense qu’accepter cette nomination est la bonne chose à faire», a-t-il assuré. Dans son communiqué, il affirme trouver, à KWS, une situation financière très difficile, en raison d’une mauvaise gestion, de la baisse de la fréquentation et de la diminution de l’aide internationale. A la tête de KWS, Richard Leakey succède à David Western, un autre Kenyan blanc contraint à démissionner la semaine dernière en raison notamment de son opposition à des projets d’exploitation minière dans les parcs nationaux, en particulier celui de Tsavo (sud-est). L’industrie du tourisme au Kenya est en perte de vitesse, par l’effet conjugué des violences politiques, du mauvais état des routes et des infrastructures et de l’insécurité. Le Kenya compte une trentaine de parcs nationaux et de réserves naturelles, ainsi que des plages sur l’océan Indien, et a accueilli, en 1997, entre 550.000 et 600.000 touristes, contre 863.000 en 1994. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le célèbre écologiste Richard Leakey a repris la tête du Service kenyan de la faune (KWS) pour défendre la protection des animaux sauvages, menacées selon lui par le braconnage et par l’insécurité. «La protection de la vie sauvage se trouve face à de graves difficultés», a déclaré dans un communiqué le nouveau patron de KWS, qui avait démissionné de ce poste en 1994. «Le braconnage pour la viande, l’ivoire et d’autres produits est en augmentation», a-t-il affirmé. «La sécurité des touristes est un problème majeur», a-t-il ajouté, notamment «les attaques continuelles contre des campements et des véhicules touristiques». Le président kenyan Daniel arap Moi a annoncé lui-même la nomination de Richard Leakey, l’un de ses opposants les plus virulents, à la tête de KWS, qui gère les parcs naturels du...