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Actualités - Chronologie

Les communistes rénovés consolident leur position

Les communistes rénovés de l’ex-RDA (PDS) se sont offert un double luxe dimanche: ils ont consolidé, contre toute attente, leurs positions et se sont érigés en nouvelle «opposition de gauche» face au futur chancelier social-démocrate Gerhard Schröder. Le Parti du socialisme démocratique (PDS), donné pour mort lors de la réunification allemande en 1990, a remporté 5,1% des suffrages aux législatives, selon les résultats officiels provisoires, contre 4,4% aux législatives de 1994. Il a donc effectivement franchi, pour la première fois depuis la réunification, la barre des 5% nécessaire pour faire élire des députés à la proportionnelle au Parlement fédéral, tout en obtenant par ailleurs quatre mandats directs à Berlin-Est. Cela lui permettra de disposer d’un groupe de 35 députés au Bundestag. «Nous avons remporté un grand succès», s’est aussitôt félicité le chef de file des députés PDS sortants et ténor du parti, Gregor Gysi. «L’important, c’est que le gouvernement d’Helmut Kohl soit désavoué», a-t-il ajouté. Le nouveau chancelier Gerhard Schröder a une nouvelle fois exclu dimanche soir de gouverner avec le soutien du PDS, héritier du PC au pouvoir en RDA et très impopulaire en Allemagne de l’Ouest. Les ex-communistes ont certes réitéré qu’ils étaient prêts à soutenir une coalition SPD-Verts. «Un changement n’échouera pas à cause de nous», a répété M. Gysi. «Nous préférerions toutefois que le SPD et les Verts remportent une majorité absolue», car «le PDS pourrait ainsi mener une politique d’opposition claire», a-t-il ajouté. Pas d’anomalies En rempilant pour la troisième fois de suite au Bundestag, le PDS a prouvé une fois de plus qu’il n’était pas une simple anomalie de la réunification et qu’il avait encore de l’avenir, même s’il demeure avant tout un parti est-allemand. Il a de fait recueilli 21,7% des voix dans l’ex-RDA (19,8% en 1994), selon les estimations. Son score à l’Ouest (1% en 1994) a également augmenté de quelques dixièmes de point. Les citoyens de l’ex-RDA n’ont de fait pas pardonné à Helmut Kohl ses promesses non tenues de «paysages florissants» à l’Est, au lendemain de la réunification. Son parti, la CDU, a reculé de dix points à 28,1% dans l’ex-RDA (38,5% en 1994), perdant le quart de son électorat. Le SPD a gagné de son côté quatre points à l’Est à 35,7%. Le PDS reste perçu dans l’ex-RDA comme le meilleur avocat face aux bouleversements de la réunification, qui s’est traduite par une explosion du chômage (17,1% en août, soit le double de l’Ouest) et la disparition de tout un cadre de vie à l’Est (logements moins chers, centres de vacances pour tous…). Les «paysages florissants» deviennent toutefois peu à peu réalité. L’ex-RDA est d’ores et déjà dotée d’infrastructures ultramodernes, notamment dans les télécommunications, et de nouvelles industries très performantes (automobile, puces électroniques…). La reconstruction de l’ex-RDA et le rapprochement entre Allemands de l’Est et l’Ouest, même s’il reste très progressif, risque de couper un jour l’herbe sous le pied aux communistes rénovés, s’ils restent le parti des frustrations. Conscient de cet enjeu, le PDS est bien décidé à se profiler dans le nouveau Bundestag comme le parti de la «justice sociale» et de «l’opposition» à la gauche de Gerhard Schröder, au service de tous les Allemands. (AFP-Reuters)
Les communistes rénovés de l’ex-RDA (PDS) se sont offert un double luxe dimanche: ils ont consolidé, contre toute attente, leurs positions et se sont érigés en nouvelle «opposition de gauche» face au futur chancelier social-démocrate Gerhard Schröder. Le Parti du socialisme démocratique (PDS), donné pour mort lors de la réunification allemande en 1990, a remporté 5,1% des suffrages aux législatives, selon les résultats officiels provisoires, contre 4,4% aux législatives de 1994. Il a donc effectivement franchi, pour la première fois depuis la réunification, la barre des 5% nécessaire pour faire élire des députés à la proportionnelle au Parlement fédéral, tout en obtenant par ailleurs quatre mandats directs à Berlin-Est. Cela lui permettra de disposer d’un groupe de 35 députés au Bundestag. «Nous avons...