A une semaine des élections législatives en Allemagne, journaux et télévisions russes n’avaient toujours consacré aucun dossier ou reportage sérieux à l’événement. Totalement indifférents quant à l’issue du duel entre le chancelier Helmut Kohl et Gerhard Schröder, les Russes s’inquiètent uniquement de voir que l’Allemagne est de moins en moins prête à leur apporter une aide privilégiée. «Je ne pense pas qu’il y aura une grande différence dans les relations bilatérales, quel que soit le vainqueur», analyse le président de la commission des Affaires étrangères de la Douma, le réformateur Vladimir Loukine. «L’essentiel n’est pas de savoir qui va gagner», ajoute-t-il, «mais de savoir si l’Allemagne veut toujours jouer un rôle actif dans la modernisation de la Russie. Actuellement, on sent une certaine lassitude des Allemands à nous aider». L’Allemagne d’Helmut Kohl, au début des années 90, fut l’un des principaux soutiens de la Russie post-soviétique. Aide humanitaire et aide financière sont venues à cette période principalement d’Allemagne où, pour des raisons géographiques et historiques, l’opinion publique est très soucieuse de la stabilité en Russie. Mais aujourd’hui, les Allemands sont un peu rentrés dans le rang, et se contentent d’aider la Russie à travers les institutions internationales. Helmut Kohl, en pleine campagne électorale, a souligné sa préoccupation pour la Russie, en se gardant bien toutefois de promettre de l’argent: «J’ai beaucoup téléphoné ces derniers jours à Moscou et proposé toute l’aide possible en hommes et en conseils», a dit le chancelier. Seul changement prévisible, et déjà amorcé: le prochain chancelier allemand, quel qu’il soit, devra se préparer à l’après Eltsine. «Mon ami Helmut» Kohl, qui a parié depuis des années sur Boris Eltsine, devra prendre délicatement ses distances avec un président qui le tutoie depuis sept ans et qui l’appelle toujours, devant les caméras, «mon ami Helmut». Mais Gerhard Schröder, vierge de toutes relations amicales avec Eltsine, pourra et devra — s’il est élu — se choisir d’autres interlocuteurs à Moscou. «Aujourd’hui, il est trop tard pour nouer des liens avec Eltsine», affirme d’ailleurs le politologue Dmitri Trenine, de l’antenne moscovite de la Fondation Carnegie, soulignant que le président russe est désormais hors du jeu politique, et trop affaibli pour jouer encore un grand rôle sur la scène mondiale. Le candidat social-démocrate, pour se démarquer de son rival, a déploré que les relations germano-russes soient excessivement dominées par le lien personnel entre Helmut Kohl et Boris Eltsine. Les contacts avec l’élite réformatrice de Moscou ont été «négligés d’une manière impardonnable», a regretté M. Schröder, estimant par ailleurs que l’Allemagne ne devait plus accorder à la Russie de nouveaux crédits unilatéraux. «Je crois que Gerhard Schröder, en cas de victoire, n’aura pas le choix d’une autre politique russe, il fera la même diplomatie que Kohl», assure cependant M. Trénine, convaincu que «l’Allemagne ne donnera plus d’argent, quel que soit le chancelier». Pour le Russe de la rue, comme pour la classe politique dans sa majorité, la question de savoir qui l’emportera de Kohl ou de Schröder n’a aucune importance. La presse et la télévision, qui se passionnent depuis des semaines pour la crise financière et politique russe, restent quasiment hermétiques aux nouvelles internationales. Même le scandale sexuel autour de Bill Clinton n’occupe qu’une place mineure — sans commentaires — dans les journaux écrits ou télévisés. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats A une semaine des élections législatives en Allemagne, journaux et télévisions russes n’avaient toujours consacré aucun dossier ou reportage sérieux à l’événement. Totalement indifférents quant à l’issue du duel entre le chancelier Helmut Kohl et Gerhard Schröder, les Russes s’inquiètent uniquement de voir que l’Allemagne est de moins en moins prête à leur apporter une aide privilégiée. «Je ne pense pas qu’il y aura une grande différence dans les relations bilatérales, quel que soit le vainqueur», analyse le président de la commission des Affaires étrangères de la Douma, le réformateur Vladimir Loukine. «L’essentiel n’est pas de savoir qui va gagner», ajoute-t-il, «mais de savoir si l’Allemagne veut toujours jouer un rôle actif dans la modernisation de la Russie. Actuellement,...