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Actualités - Chronologie

Monica , une californienne à Washington

Délurée, familière, Monica Lewinsky, habituée à la décontraction de sa Californie natale, détonnait dans le petit monde plutôt terne et conventionnel du pouvoir washingtonien. «Je ne savais pas que c’était un crime à Washington que de vouloir que les gens vous aiment bien et que d’être amicale», s’est écriée l’ancienne stagiaire de la Maison-Blanche devant les membres du grand jury, selon les annexes au rapport Starr rendues publiques lundi. Avec la vidéo du témoignage du président Bill Clinton diffusée in extenso par les télévisions américaines, le Congrès a également rendu publiques 3.183 pages de documents, deux volumes d’annexes au rapport Starr publié le 11 septembre, dont les déclarations sous serment de Monica Lewinsky devant la Chambre de mise en accusation. La jeune femme, malgré le stress de dépositions copieusement arrosées de larmes, ne veut pas s’embarrasser de formalités inutiles. «Pouvez-vous m’appeler Monica, les gars? Ont-ils le droit de m’appeler Monica au lieu de Mlle Lewinsky (...) je n’ai que 25 ans, voyons», lance-t-elle aux membres du jury populaire et aux procureurs qui l’interrogent sur sa relation avec le président. «Il était évident qu’il y avait des gens à la Maison-Blanche qui ne m’aimaient pas», dit-elle à un moment, faisant allusion à plusieurs collaborateurs du président. «Les gens qui travaillent pour lui (le président Clinton) m’ont couvert de boue (...) m’ont salie, m’ont qualifiée d’idiote, ils ont dit que je ne savais pas écrire, que je le traquais, que mes vêtements étaient indécents», s’écrie plus loin avec amertume Monica Lewinsky. La jeune femme, qui indique avoir été réprimandée par ses supérieurs pour être trop souvent éloignée de son bureau à la Maison-Blanche, se définit comme quelqu’un de «sympa». «Je ne savais pas que je n’étais pas supposée l’être», ajoute-t-elle. Evoquant sa relation avec le président, Monica déclare qu’il est quelqu’un de «remarquable (...) je pensais que c’était un personnage tellement incroyable et je le regardais et je voyais un petit garçon et je ne sais plus où est la vérité». «Je hais Linda Tripp» Les documents montrent également que la jeune femme, au fil de ses diverses dépositions, s’est attirée la sympathie des membres du jury populaire, qui lui ont même prodigué compréhension et conseils. Vers la fin de sa déposition, Monica Lewinsky fond en larmes et s’excuse auprès du jury, avant de lancer un cri du cœur: «Je hais Linda Tripp», l’«amie» par qui le scandale est arrivé. Un des membres du jury rétorque. «Nous sommes tous des pécheurs, vous demandez à être pardonnée et à continuer de vivre... vous avez mon pardon, parce que tout le monde peut faillir (...) et même si aujourd’hui vous ressentez de la haine envers Linda Tripp, il faut oublier et aller de l’avant, elle aura son dû un jour». (AFP)
Délurée, familière, Monica Lewinsky, habituée à la décontraction de sa Californie natale, détonnait dans le petit monde plutôt terne et conventionnel du pouvoir washingtonien. «Je ne savais pas que c’était un crime à Washington que de vouloir que les gens vous aiment bien et que d’être amicale», s’est écriée l’ancienne stagiaire de la Maison-Blanche devant les membres du grand jury, selon les annexes au rapport Starr rendues publiques lundi. Avec la vidéo du témoignage du président Bill Clinton diffusée in extenso par les télévisions américaines, le Congrès a également rendu publiques 3.183 pages de documents, deux volumes d’annexes au rapport Starr publié le 11 septembre, dont les déclarations sous serment de Monica Lewinsky devant la Chambre de mise en accusation. La jeune femme, malgré le stress...