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Actualités - Chronologie

La Maison-Blanche affronte désormais l'internationalisation du scandale Lewinsky

La Maison-Blanche, déjà aux prises avec une crise politique intérieure suscitée par l’affaire Lewinsky, doit désormais faire face à l’irritation croissante que le scandale provoque à l’étranger. Washington a réagi mardi aux commentaires de plus en plus inquiets et acides de la presse et de dirigeants étrangers en affirmant qu’il s’agissait d’une «affaire intérieure» américaine. «Je pense que (les dirigeants étrangers) vont être rassurés en nous voyant nous occuper de cette affaire intérieure» américaine, a déclaré le porte-parole présidentiel Michael McCurry. Mais, pour beaucoup d’experts américains, les réactions internationales scandalisées ne constituent pas des critiques de la politique intérieure. Elles expriment, selon eux, l’inquiétude des dirigeants internationaux devant le risque d’affaiblissement du pouvoir de l’exécutif américain et, par là, d’absence de direction mondiale. Ainsi, l’ovation de quelque cinquante chefs d’Etat et de gouvernement et d’une centaine de ministres, qui a accueilli Bill Clinton lundi à l’Assemblée générale des Nation Unies, a été interprétée aux Etats-Unis comme le signe d’une inquiétude face à un éventuel vide du pouvoir dans ce pays. Les dirigeants mondiaux ont fait passer le message qu’une crise prolongée de la présidence pourrait mettre en péril «leurs propres intérêts», a estimé Stanley Sloan, un analyste au Service d’études du Congrès. «Ils accordent une grande importance à la présence d’un leader responsable et prévisible», a-t-il ajouté. L’ovation incarnait «un désir de souligner que les questions importantes sont ici», sur la scène mondiale, où se trouve la «place des Etats-Unis», a estimé Adrian Karatnyscky, président de Freedom House, une organisation consacrée à l’étude de l’évolution de la démocratie dans le monde. «Putsch des avocats» Les Américains ne tiennent pas compte, pour autant, de ces critiques. «Ce n’est pas une question d’isolationnisme», a estimé M. Karatnyscky, mais les «Américains ont un certains niveau de confiance en eux-mêmes assorti d’un esprit d’autocritique (...) et ils ont tendance à ne pas réagir aux critiques de l’étranger», a-t-il expliqué. Pourtant, la presse asiatique et européenne a réagi avec vigueur à la décision de la Commission judiciaire de la Chambre des représentants, à majorité républicaine, de laisser diffuser sur les grandes chaînes de télévision l’enregistrement du témoignage sous serment de Bill Clinton sur sa liaison avec Monica Lewinsky, devant un «grand jury» fédéral le 17 août. Pour la presse européenne, la classe politique américaine mène une humiliante «inquisition» tandis qu’un éditorialiste japonais se demande si«l’Amérique est devenue folle». En Amérique du Sud, une télévision brésilienne a dénoncé le «coup (d’Etat) des avocats». «En Amérique latine, ce sont les militaires qui provoquent des coups d’Etat. Aux Etats-Unis ce sont les avocats», a déclaré un commentateur de la chaîne Bandeirantes, Paulo Henrique Amorim. Le chancelier allemand Helmut Kohl a jugé «à vomir» le déballage médiatique de l’affaire Clinton-Lewinsky et critiqué cette «mise en pièces du poste le plus important au monde». Le chef de la diplomatie française, Hubert Védrine, a qualifié de son côté la diffusion de cet enregistrement de «maccarthysme renforcé par du voyeurisme», tandis que le vice-président italien, Walter Veltroni, estimait qu’il était «absurde de faire un procès télévisé». (AFP)
La Maison-Blanche, déjà aux prises avec une crise politique intérieure suscitée par l’affaire Lewinsky, doit désormais faire face à l’irritation croissante que le scandale provoque à l’étranger. Washington a réagi mardi aux commentaires de plus en plus inquiets et acides de la presse et de dirigeants étrangers en affirmant qu’il s’agissait d’une «affaire intérieure» américaine. «Je pense que (les dirigeants étrangers) vont être rassurés en nous voyant nous occuper de cette affaire intérieure» américaine, a déclaré le porte-parole présidentiel Michael McCurry. Mais, pour beaucoup d’experts américains, les réactions internationales scandalisées ne constituent pas des critiques de la politique intérieure. Elles expriment, selon eux, l’inquiétude des dirigeants internationaux devant le risque...