LA CHASSE AUX DISSIDENTS SE POURSUIT La Chine a poursuivi mercredi sa campagne d’intimidation vis-à-vis des dissidents, à la veille de l’arrivée en Chine du premier ministre français Lionel Jospin. Jiang Qisheng, un écrivain pékinois déjà arrêté à de nombreuses reprises dans le passé, a été interpellé à son domicile par des policiers qui l’ont conduit vers une destination inconnue. On apprenait par ailleurs à Pékin qu’un dissident de Fuzhou (sud-est) Lin Xinshu, spécialiste en médecine traditionnelle chinoise, avait été placé mercredi en détention pour une période de sept jours pour avoir refusé de se soumettre au strict contrôle policier qui lui était imposé. Il avait été placé en résidence surveillée au début du mois après avoir écrit une lettre ouverte au président Jiang Zemin pour réclamer la démocratie, juste avant la visite en Chine du haut commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Mary Robinson. Selon des sources dissidentes à Pékin, Jiang Qisheng s’apprêtait pour sa part à rendre publiques des déclarations sur la liberté, la justice sociale et les droits civils. Alors que le premier ministre français doit, selon son entourage, évoquer les problèmes des droits de l’homme avec ses interlocuteurs à Pékin, les autorités chinoises ont au cours des derniers jours multiplié les interpellations de dissidents qui s’efforcent pour la première fois de faire reconnaître officiellement un parti d’opposition. Des demandes d’enregistrement du Parti démocrate chinois (PDC) ont été déposées dans sept provinces au total depuis juin dernier. Protestations Leurs auteurs ont pour la plupart été interpellés brièvement avant d’être relâchés quelques jours plus tard, à l’exception de Tang Yuanjuan, un ancien mécanicien de Changchun (nord-est), qui a été formellement inculpé la semaine dernière pour avoir voulu faire enregistrer le PDC dans la province du Jilin. Le pionnier du mouvement, Wang Youcai, avait également été inculpé début août après un mois de détention. Il a toutefois été relâché et placé en résidence surveillée. Les sept comités préparatoires à la mise en place de branches locales du PDC ont vivement protesté contre l’inculpation de Tang dans une lettre ouverte rendue publique mercredi par le centre d’Information sur les droits de l’homme et le mouvement démocratique en Chine. Les autorités chinoises ont singulièrement durci le ton ces dernières semaines vis-à-vis de toute contestation du régime. Parmi les arrestations les plus récentes, figurent celles de Fang Jue, un ancien cadre du régime, interpellé après avoir publié en début d’année un essai favorable à une réforme politique en Chine. Un journaliste, Shi Binhai, du China Economic Times, a pour sa part été placé en détention au début du mois après s’être intéressé de trop près à des sujets sensibles, comme la corruption des hauts dirigeants. Deux organisations non-gouvernementales, Reporters sans frontières et Human Rights Watch, ont pour leur part appelé mardi M. Jospin à intervenir lors de sa visite en faveur de la journaliste Gao Yu, emprisonnée pour «divulgation de secrets d’Etat à l’étranger». Arrêtée en octobre 1993, Gao Yu avait été condamnée un an plus tard à six ans de prison lorsqu’elle travaillait pour les journaux de Hong Kong, Mirror Monthly and Chinese Overseas Daily . La visite de M. Jospin est la première d’un chef du gouvernement français depuis celle d’Edouard Balladur en avril 1994, qui avait été émaillée par de nombreuses interpellations de dissidents, dont celle de Wei Jingsheng, la principale figure du mouvement démocrate. Détenu au secret pendant un an et demi, Wei avait ensuite été condamné à 14 ans de prison, avant d’être relâché en novembre dernier pour raisons médicales et envoyé aux Etats-Unis. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats LA CHASSE AUX DISSIDENTS SE POURSUIT La Chine a poursuivi mercredi sa campagne d’intimidation vis-à-vis des dissidents, à la veille de l’arrivée en Chine du premier ministre français Lionel Jospin. Jiang Qisheng, un écrivain pékinois déjà arrêté à de nombreuses reprises dans le passé, a été interpellé à son domicile par des policiers qui l’ont conduit vers une destination inconnue. On apprenait par ailleurs à Pékin qu’un dissident de Fuzhou (sud-est) Lin Xinshu, spécialiste en médecine traditionnelle chinoise, avait été placé mercredi en détention pour une période de sept jours pour avoir refusé de se soumettre au strict contrôle policier qui lui était imposé. Il avait été placé en résidence surveillée au début du mois après avoir écrit une lettre ouverte au président Jiang Zemin pour...