L’instance suprême du sport italien, le Comité national olympique italien (CONI), a commencé à faire le ménage dans l’affaire du dopage dans le «calcio», alors que son président Mario Pesceante était entendu mardi par une commission d’enquête mise en place par le gouvernement. Le président de la Fédération de médecine sportive, le docteur Girgio Santelli, a été limogé lundi de son poste par le CONI, qui chapeaute toutes les fédérations sportives italiennes, et un commissaire spécial a été nommé. Le docteur Santelli avait fait rebondir l’affaire du dopage dans le football italien, alors que le CONI avait conclu en août à la suite de sa propre enquête qu’il n’y avait pas de dopage dans le championnat d’Italie. Le CONI avait cependant tiré un signal d’alarme sur l’utilisation de substances reconstituantes, comme la créatine. Le Dr Santelli a lancé une véritable bombe en révélant le 5 septembre que 30 à 40% seulement des échantillons d’urine des footballeurs étaient soumis au contrôle antidopage pour la détection de stéroïdes anabolisants. Ces contrôles sont effectués dans le laboratoire de l’Acqua Acetosa, à Rome, appartenant à la Fédération de médecine sportive, sous l’égide du CONI. Il avait ajouté ignorer les critères adoptés pour choisir les échantillons, avant d’annoncer plus tard que des dossiers de footballeurs avaient disparu du laboratoire. Le président du CONI, Mario Pescante, et le président de la Fédération de football, Luciano Nizzola, ont aussitôt affirmé n’être au courant de rien, arguant de l’autonomie des différentes Fédérations au sein du CONI. M. Pescante annonçait des sanctions sévères contre les responsables du laboratoire. «Sale histoire» Le limogeage du responsable médical du sport italien a été qualifié mardi par le quotidien sportif la «Gazzeta Dello Sport» de «premier pas timide pour retrouver une crédibilité perdue». Cette affaire qui a fait descendre le gouvernement italien dan l’arène risque de bouleverser les donnes de l’organisation sportive dans la péninsule. Le numéro deux du gouvernement italien Walter Veltroni, vice-président du Conseil italien et en charge du portefeuille des sports, a réagi très sévèrement à l’affaire du laboratoire qu’il a qualifiée de «sale histoire», promettant d’aller «jusqu’au bout». Il a mis en place une commission d’enquête administrative dirigée par un juriste réputé, Federico Grosso, qui a auditionné mardi Mario Pescante pendant trois heures, puis le Dr Santilli. M. Veltroni a annoncé le 8 septembre des «décisions importantes concernant les structures internes» du CONI et, pour le futur, une «autorité externe» indépendante du CONI chargée des analyses antidopage. Une proposition de loi d’un sénateur de gauche qui a l’aval du gouvernement et qui sanctionne la fourniture et l’administration de produits dopants à des athlètes par des peines de prison allant de cinq à dix ans, a été présentée il y a une semaine au Sénat italien. Elle devrait être approuvée avant la fin de l’année et transformerait l’acte de dopage, aujourd’hui simple irrégularité sportive, en délit pénal pour les pourvoyeurs. Parallèlement, le procureur de Turin, Raffaele Guariniello, poursuit avec ténacité une enquête judiciaire sur le dopage dans le football, entendant les uns après les autres joueurs, médecins, techniciens, responsables. Une troisième enquête est menée depuis plus de deux ans par un magistrat bolognais sur la vente illicite d’EPO (erythropoïétine) par une pharmacie de la ville. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats L’instance suprême du sport italien, le Comité national olympique italien (CONI), a commencé à faire le ménage dans l’affaire du dopage dans le «calcio», alors que son président Mario Pesceante était entendu mardi par une commission d’enquête mise en place par le gouvernement. Le président de la Fédération de médecine sportive, le docteur Girgio Santelli, a été limogé lundi de son poste par le CONI, qui chapeaute toutes les fédérations sportives italiennes, et un commissaire spécial a été nommé. Le docteur Santelli avait fait rebondir l’affaire du dopage dans le football italien, alors que le CONI avait conclu en août à la suite de sa propre enquête qu’il n’y avait pas de dopage dans le championnat d’Italie. Le CONI avait cependant tiré un signal d’alarme sur l’utilisation de substances...