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Actualités - Chronologie

Ghetto africain

Les réalisateurs de la diaspora africaine, qui étaient représentés par près d’une dizaine de longs métrages au Festival de Toronto, veulent rompre avec les thèmes traditionnels du passé auxquels le cinéma du continent est longtemps resté confiné. «Beaucoup de films ont encore pour thème l’opposition entre la tradition et la modernité, parce que c’est un problème récurrent dans une Afrique qui se cherche», estime le cinéaste belge d’origine congolaise Mweze Ngangura. «Mais avec la nouvelle génération, nous progressons vers des films qui sont davantage destinés au public», ajoute-t-il. Prenant le parti de la comédie, il évoque dans son deuxième long métrage, «Pièces d’identité», l’évolution des liens entre la Belgique et son ancienne colonie du Congo. Avec «Mixing nia», la réalisatrice américaine Alison Swan a choisi une histoire d’amour romantique, «thème accessible à tous les publics», pour dépeindre la misogynie existant dans certaines communautés afro-américaines de New York. Bien que le mélange des cultures imprègne la plupart des films de la diaspora africaine sélectionnés cette année à Toronto, les histoires raciales ou d’immigration ne sont plus forcément au centre de l’intrigue. Les relations entre les personnages l’emportent, comme dans «Speak Like a Child» du Britannique d’origine ghanéenne John Akomfrah ou «Le Onzième Commandement» de Mama Keïta, Français élevé au Sénégal, deux œuvres qui explorent des amitiés d’enfance tournant au drame lorsque les héros parviennent à l’âge adulte. Le film de Keïta, remarqué au festival de Locarno, a été tourné avec le budget minuscule de 80.000 dollars américains. Idées préconçues «Comment se fait-il que le cinéma soit le seul art où l’Afrique n’exerce pas d’influence, alors qu’elle est le continent des conteurs et que le cinéma est l’art de raconter des histoires?» demande Mama Keïta. Selon lui, la réponse est à chercher dans le fonctionnement des circuits de production, notamment dans les pays africains francophones, qui dépendent largement de subventions européennes. «Ceux qui nous financent ont des idées préconçues sur l’Afrique auxquelles il faut se plier», explique Mweze Ngangura, qui affirme que son scénario, écrit il y a dix ans, avait été d’abord rejeté parce que l’action ne se passait pas sur le continent noir. Encore trop souvent, le cinéma africain traditionnel dépeint une réalité que ces réalisateurs identifient à celle vécue par leurs grand-parents. Vivant à l’étranger, métissés culturellement et parfois biologiquement, ils revendiquent le droit de transposer leurs propres expériences à l’écran. Pour les francophones, «le cinéma africain reste une énorme fiction, parce qu’il n’est pas financé en Afrique, n’obtient pas de ressources des télévisions africaines et n’est pas rentabilisé par le public africain», selon Mweze Ngangura. Certains pays anglophones du continent, comme le Zimbabwe et le Nigeria, ont réussi à développer une petite industrie cinématographique nationale indépendante en choisissant de tourner en format vidéo.
Les réalisateurs de la diaspora africaine, qui étaient représentés par près d’une dizaine de longs métrages au Festival de Toronto, veulent rompre avec les thèmes traditionnels du passé auxquels le cinéma du continent est longtemps resté confiné. «Beaucoup de films ont encore pour thème l’opposition entre la tradition et la modernité, parce que c’est un problème récurrent dans une Afrique qui se cherche», estime le cinéaste belge d’origine congolaise Mweze Ngangura. «Mais avec la nouvelle génération, nous progressons vers des films qui sont davantage destinés au public», ajoute-t-il. Prenant le parti de la comédie, il évoque dans son deuxième long métrage, «Pièces d’identité», l’évolution des liens entre la Belgique et son ancienne colonie du Congo. Avec «Mixing nia», la réalisatrice...