Les bourses asiatiques ont piqué du nez vendredi et connu une nouvelle journée de fortes turbulences, dans le sillage de la dégringolade à Wall Street et des bourses européennes du fait des craintes une destitution du président Bill Clinton. La Bourse de Tokyo a enregistré à la clôture un plongeon spectaculaire de 5,1% sur une perte de 749,05 points à 13.916,98 points, soit tout près de son plancher record en douze ans atteint le 28 août dernier (13.915,63 points), dans le sillage des chutes des autres marchés mondiaux. L’indice Nikkei des valeurs vedettes s’est donc une nouvelle fois inscrit largement en-dessous du plus bas de 14.309,41 points enregistré en août 1992 après l’éclatement de la «bulle», cette période de spéculation frénétique sur les marchés boursier et immobilier dans les années 80. Quinze minutes avant la clôture, l’indice japonais accusait une dégringolade de 940 points, soit un recul de 6,4%, les marchés étant inquiets de la menace d’une destitution du président américain. Le dollar a lui aussi fortement plongé jusqu’à 128,80 yens, avant de se redresser légèrement en milieu d’après-midi sur le marché des changes de Tokyo, où il se négociait à 17h00 (08h00 GMT) à 130,76-79 yens, contre 134,05 yens au début de échanges à Tokyo et 134,13 yens jeudi soir à New York. «Un fort mouvement de vente a été déclenché par la chute intervenue hier à Wall Street», a souligné Masaaki Higashida de Nomura Securities. La Bourse de Hong Kong n’était guère mieux lotie. Elle perdait 3,46% à la clôture, l’indice Hang Seng cédant 271,48 points à 7.578,48. Les titres des groupes immobiliers étaient parmi les plus secoués, les promoteurs de la place ayant décidé de consentir d’importantes remises sur les prix des nouveaux programmes immobiliers de luxe. La Bourse de Bangkok accusait un recul de 2,8% à la clôture, le sentiment des investisseurs étant assombri par la décision de l’agence d’évaluation financière Moody’s Investors Service d’abaisser la note de la dette à long terme de six grandes banques thaïlandaises. La Bourse de Manille a terminé la journée sur un recul de 1,6% qui ramène le marché local à son plus bas niveau depuis près de sept ans. Les investisseurs étrangers vident leurs portefeuilles, craignant aussi que la récession qui s’annonce dans le pays n’entraîne une instabilité politique et l’instauration d’un contrôle des changes comme en Malaisie. La Bourse de Séoul a terminé en baisse de 5,4%, l’indice perdant 18,34 points à 320,61. La Bourse de Singapour elle aussi a clôturé en baisse, l’indice Straits Times cédant 11,81 points à 853,19 points ainsi que la bourse de Malaisie qui a perdu 3,1% à la clôture. Taïwan a été l’une des rares bourses à clôturer en hausse (+0,6%). Les cours se sont repris peu avant la fin de la journée sur une chasse aux bonnes affaires portant sur des titres vedettes devenus très bon marché. La Bourse australienne terminait aussi en baisse à 2,3%, l’indice perdant 58 points à 2.468,3. Même chose pour la Bourse de Nouvelle Zélande qui terminait en baisse de 1,9%, elle aussi déprimée par le plongeon à Wall Street. Jeudi soir, la bourse new-yorkaise avait cédé 3,17% (ou 249,48 points), en raison des incertitudes pesant sur la présidence de Bill Clinton. L’effet avait été particulièrement désastreux en Amérique latine et en Europe. La menace d’une destitution de Bill Clinton a pris corps après la remise du rapport du procureur indépendant Kenneth Starr au Congrès qui a provoqué jeudi une chute des places boursières aux Etats-Unis, en Amérique latine et en Europe. Le Dow Jones, principal indice de Wall Street, avait perdu en clôture 249,48 points (3,17%) tandis que l’Amérique latine connaissait une journée de véritable déroute. Les places européennes n’ont pas non plus été épargnées jeudi avec -3,3% à Londres, -4,3% à Francfort et -4,59% à Paris. (AFP)
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